jeudi 4 août 2011

J+2 à Buenos Aires

Deux jours se sont déjà écoulés depuis mon arrivée à Buenos Aires, et je trouve enfin un peu de temps pour me poser !
Le périple a commencé dès mardi, 14h, à l'aéroport Toulouse-Blagnac. Après l'échec cuisant de la semaine dernière, c'est en retenant mon souffle que je me suis présentée à l'enregistrement, prête à dégainer si jamais la pauvre fille avait eu la malheureuse idée de m'empêcher de partir. Elle a dû sentir que je n'étais pas d'humeur à voir mon voyage ne serait-ce que menacé pendant quelques secondes, car elle effectua l'opération en un temps record. Ouaiiiis, première étape ! Plus que... Heuu, en fait, autant ne pas compter.

Vient ensuite le dernier coucou à une maman en pleurs, soutenue par les copines d'enfer qui, après avoir consolé la fille désabusée par son faux départ la semaine d'avant, jouent maintenant la carte de la comico-dédramatisation auprès de la mère émue par le vrai départ. 
Si je devais résumer le vol Toulouse-Paris en un mot, je dirais "pleurnichard". Pas moi, hein ! Je pense plutôt aux sales gosses qui ont décidé de m'encercler pour gâcher la minute émotion du décollage où tu te dis "voilà, on se revoit dans 5 mois, Toulouse". Donc pas de minute émotion, mais par contre de longues minutes d'attente à Paris Charles de Gaulle. Ce sera d'ailleurs l'occasion de faire ma dernière boulette française. En effet, quand enfin arrive l'heure de l'embarquement, je me précipite tellement dans l'avion qu'une fois à l'intérieur, je m'aperçois que... Hé meeeeerde, mon livre ! Resté sur le banc où j'avais attendu trois plombes, évidemment (ça rappelle vaguement une histoire de Gala et de sac resté sur le bord de la route, ahum).
Sauf qu'entre temps, ils avaient changé mon billet pour une place en classe affaires, et comme ils sont toujours serviables les hôtes de l'air (oui, au masculin, je sais plus comment on dit), le monsieur m'a gentiment laissé chercher mon livre. Mais la classe affaire, waouh, quoi ! A peine installée qu'un autre gentil monsieur me tend un plateau où sont disposés des verres. Jus d'orange ou jus de pomme ? Je prends le jus d'orange mais ce n'est que quelques secondes plus tard que je comprends que les autres verres contenaient plutôt... du champagne. Merde, raté. Au milieu de tous ces gens embourgeoisés buvant du champagne comme du petit lait, je repère un autre intrus qui, comme moi, ne semble pas habitué à autant de luxe. Il retient presque un cri d'étonnement quand, après avoir appuyé sur un bouton, une télé sort de son accoudoir. Comme il a l'air plutôt jeune et parlant français, je décide qu'une fois arrivée j'irai lui parler. Car pour l'instant je ne peux pas, il y a un gros hollandais bouffant le foie gras avec les doigts (sans pain !) entre nous. Les sièges étant à la taille XXL et inclinables jusqu'à atteindre une parfaite horizontalité, j'ai pu dormir comme une petite reine et voir les 13h de vol passer assez vite.

Mercredi matin, 7h30, heure locale, je sors de l'avion et demande au jeune français s'il prend le taxi. En fait, il ne sait pas, et n'a pas l'air de savoir grand chose de ce qu'il va faire à part le fait qu'il attend que son pote atterrisse avec un autre avion, une demi-heure après. Le temps de récupérer les bagages et d'attendre pour la douane, c'est ainsi que je fais la connaissance de Dorian et Romain, partis pour un mois de road trip en Argentine. Nous voilà tous les trois embarqués dans un taxi pour rejoindre le centre. Le taximan est plutôt bavard, sauf qu'au lieu de parler de la pluie et du beau temps, il me parle... d'économie. Et comme si ça ne suffisait pas, il me demande comment va l'Europe économiquement !
"Ecoute mon coco, lui ai-je dit, déjà que j'aime pas l'économie en français, alors en espagnol, et avec votre accent bizarre, c'est même pas la peine d'y penser !"
Enfin, j'aurai aimé lui dire ça, mais en fait j'ai baragouiné vite fait un truc, plutôt occupée à le voir doubler tout le monde par la droite, en roulant sur la bande d'arrêt d'urgence. Et encore, ça, c'était sur la rocade. Une fois en ville, c'est tout naturellement (tout en continuant de pester sur les banquiers) qu'il zigzaguait entre les voitures sur des avenues à cinq voies (maman, pas de crise cardiaque, tu connais mon sens de l'exagération !). Ah ouais, quand même ! Mais bon, au moins il nous a déposé à l'auberge de jeunesse (que les deux autres ont décidé de rejoindre aussi) et sans nous arnaquer.
A l'auberge, à peine le temps de se familiariser avec les lieux que je dois déjà songer à regagner mon lieu de stage, pour midi. Oui, car celui-ci aurait dû commencer deux jours plus tôt... Une douche, échange de numéros et de bons procédés avec les français, et hop, direction le stage ! Je me retrouve devant une grande porte d'entrée avec une vingtaine de boutons d'interphone, sans noms. Génial... Un vieux couple sort pile au bon moment, me permettant de rentrer et de découvrir un grand hall et un ascenseur très... old style, disons. Genre tu ouvres une première grille grinçante, puis une deuxième pour entrer dans l'ascenseur, tu fermes et le tout s'élance jusqu'au 6ème étage au moyen de boutons d'un doré assez vieillot. 
Accueil haut en couleurs, au stage. Cinq personnes se jettent sur moi, me donnent de grandes accolades et me bombardent de questions. Après les premières effusions, je m'installe devant l'ordinateur qui m'est destiné et je vois que j'ai déjà trois mails qui me sont directement adressés, par un certain Sam... On ne peut pas dire que l'après-midi soit passée vite, j'ai surtout employé mes forces à lutter contre le froid et la fatigue. Car je suis dans un bureau avec Fernando qui fume à longueur de journée et qui aère donc la pièce au moyen d'une fenêtre qui se trouve... juste au-dessus de ma tête.
En sortant, à 17h (soit 22h en France) j'ai pu me goinfrer des premières empañadas argentines car je n'avais finalement rien mangé depuis l'avion le matin.  Quelques bières avec les français au café de los angelitos et DODO. Je pense que même si l'immeuble d'en face s'était écroulé, cela ne m'aurait pas réveillé.
Here we are !

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