mercredi 27 juin 2012

Maastricht, suite et fin

 Quand je vois l'article précédent, franchement cela me fait rire. Ironiquement. Je me dis que quelqu'un là-haut (ou ailleurs) a dû le lire et penser "hé petite, tu te plains de trop travailler ou quoi ? Attend un peu, je t'ai gardé le meilleur pour la fin !"
Car entre temps, il s'en est passé des choses. Après avoir fini la semaine d'examens sur les rotules, le retour à Toulouse a fait office de libération. La chaleur, le soleil, les briques rouges, l'accent du Sud ! Grillades, baguette, pâté, saucisson, fromage, terrasses, un vrai retour aux sources. On a même réussi à me traîner pour voir la demi-finale de rugby, c'est dire ! Mais à peine arrivée, aussi vite repartie, un passage express à Paris, et c'est de nouveau Maastricht sous la pluie. 
S'il n'y avait que la pluie qui tombait à Maastricht, cela irait, mais j'ai aussi la désagréable impression qu'un nuage de galères nous suit en permanence. Le lundi de notre retour, plus qu'un nuage de galères, c'était carrément une pluie glacée de mauvaises nouvelles. 
Vous vous rappelez du cours détesté de statistiques de l'article précédent ? Initialement, nous étions sensées passer notre mois de juin à développer un projet sur les bases de ce cours. Je crois que depuis que j'ai passé le bac scientifique, j'ai un quota très limité de nombre d'heures à consacrer aux sciences, et ce quota a déjà été largement atteint à Maastricht. Alors au lieu de subir, autant agir ! C'est ainsi que nous avions fait les démarches avec Camille pour changer notre projet de juin et faire à la place un projet-débat, bien plus en accord avec nos goûts. 
Parfait ! Sauf que là, bim bam boum, catastrophe, le cours désiré est déjà plein à craquer. Booon, tant pis, on n'a qu'à en faire un autre ou au pire, retourner dans le projet de stats ! Sauf que nous oublions un petit-mini-détail-maxi-important : ici à Maastricht, c'est marche ou crève, tu t'adaptes ou c'est tant pis pour toi. Autrement dit, si tu veux changer de cours et si ça ne marche pas, c'est de ta faute, tu n'avais qu'à pas vouloir changer, tu n'as qu'une seule chance, tu perds ta place dans le cours de stats, tu perds 5 crédits, tu rates ton semestre et TOUT LE MONDE S'EN TAPE. 
Voilà, en gros, c'était la conclusion de ce lundi pluvieux à Maastricht, après avoir fait la tournée des bureaux de la fac, après avoir pleuré et supplié la frigide administration d'avoir pitié de deux pauvres étudiantes Erasmus qui avaient eu le malheur de se tromper dans leurs choix de cours un an auparavant. Rien à faire.

Heureusement, il y a eu une lueur d'espoir lors de cette journée morose. Pas du côté de la fac, non, faut pas rêver. Une lueur d'espoir représentée par la joie de vivre brésilienne, une lueur d'espoir qui a un nom, Julia. Oui, oui, je vous parle bien de la Julia qui fut ma colocataire à Buenos Aires ! Grâce à une promotion sur les billets d'avion et grâce à la spontanéité typique de son pays, celle-ci avait planifié au dernier moment de voyager en Europe, et de passer à Maastricht. C'est un peu le début de mobilité qui en rattrape la fin !
Et ma foi, cela faisait drôlement du bien de se remémorer les bons moments passés dans la capitale argentine, au moment même où la ville du traité européen nous en faisait voir de toutes les couleurs ! Sa présence et nos balades ensemble adoucirent un peu nos dures négociations avec Sciences Po et l'University College.
Cependant, à peine fut-elle repartie que la réalité nous rattrapa à grands pas. Nous essuyâmes un énième refus de l'administration maastrichtienne, qui cette fois s'adressait directement à Sciences Po, suite à leur courrier demandant poliment de nous laisser faire ce dsmljfsmklj de cours.
Bon. Dans ces cas-là, je dois avouer que tu te dis : OH ET PUIS MERDE. La situation est tellement absurde que tu te sens obligée de relativiser. 
D'accord, tu loupes ton semestre pour un stupide problème administratif. 
D'accord, tu as travaillé intensément pendant quatre mois et tes efforts ne sont même pas récompensés. 
D'accord, tu vas devoir faire un stage supplémentaire pour valider ce semestre. 
Oui, tu trouves la situation injuste. Oui, tu en arrives à ne plus supporter cette ville. 
MAIS au lieu de brûler la fac, d'insulter tout le monde et de jeter dans la Meuse ton vélo qui s'est encore cassé, tu encaisses, et tu te dis "Ooh mais du coup on est en vacances anticipées, autant en profiter pour voyager !". 
Les voyages forment la jeunesse, dit le dicton. L'adversité est un maître spirituel, ajoute Frédéric Lenoir dans son Petit traité de vie intérieure. Dans ce cas, Maastricht aura été pour moi le meilleur maître spirituel qui soit. 
Alors c'est dans ce contexte particulier que nous avons découvert Bruxelles, puis Amsterdam, et Utrecht. Du soleil, du vent, des rires, des détails amusants, la vie des gens qui se déroule sous tes yeux, l'envie de découvrir, l'amusant moment où tu t'imagines vivre dans cette ville. Le paisible flottement des canaux à Amsterdam, la découverte d'une façade bruxelloise animée par le pinceau d'un dessinateur de BD, se joindre à la vie nocturne d'Utrecht, guidée par une vieille amie connue deux ans auparavant.



C'était bien. C'était presque comme un rêve. Et chaque retour à Maastricht faisait l'effet d'un réveil brutal, sous la pluie, comme si quelqu'un s'amusait à te réveiller en te balançant un seau d'eau à la figure. Tu te balades dans la ville, et tu as la désagréable impression que malgré cinq mois passés ici-bas, tu ne te sens toujours pas chez toi. Le moral est comme le temps, changeant. Un jour il pleut, le lendemain il fait beau. Tu ne sais jamais, et tu te demandes toujours quel temps il fera demain. 
Mais dans trois jours, c'est fini. Dans trois jours, je quitterai ma petite chambre aux murs gris et au carrelage froid. Dans trois jours, je me serai débarrassée de mon vélo pourri. Dans trois jours, je prendrai le train pour la dernière fois au départ de Maastricht. Dans trois jours, je partirai une dernière fois vagabonder en Hollande, et ce sera encore comme un rêve, sauf que cette fois, il n'y aura pas le réveil désagréable à Maastricht. 
Alors, vivement dans trois jours. 

mercredi 23 mai 2012

Quoi ? Tu travailles alors que t'es en Erasmus ?


Quand je raconte ma mobilité par-ci, par-là, et que j'explique que oui, à Maastricht, cela bosse sec et que cela laisse peu de temps pour autre chose, je fais face à la même surprise. 
"Quoi ? Tu travailles alors que t'es en Erasmus ?"

Car bien sûr, la vision traditionnelle de l'étudiant Erasmus c'est un peu celle de l'Auberge espagnole, c'est la dolce vita, c'est les soirées à gogo, les rencontres multi-nationalités, c'est les vacances prolongées, les voyages.... Et parfois, c'est aller en cours et travailler. Mais un petit peu, hein, pas trop non plus ! Faut les ménager les étudiants étrangers car ils sont avant tout là pour découvrir un autre pays, une autre langue et une autre culture ! Alors ne les surchargeons pas de travail, les pauvres, ils ont déjà suffisamment à faire comme ça !
Et même si beaucoup d'étudiants Erasmus dispersés dans le monde pourront vous confirmer cette vision, ben... à Maastricht, ce n'est pas le cas. Ici, pas de traitement de faveur pour les étudiants étrangers, tu suis les mêmes cours que tout le monde, avec les mêmes examens et les mêmes exigences. 
Et à l'University College of Maastricht, il y en a des exigences ! Ils n'ont qu'un mot à la bouche : PBL
Hein, késakoquesquecestjcomprendspasProblem Based Learning. C'est le nom de leur système pédagogique, situé à des millions d'années lumière du notre. Le professeur descend de son pied d'estal pour ne devenir qu'un simple tuteur, qui n'est plus là pour diffuser son savoir mais plutôt pour guider les étudiants dans leur apprentissage. L'idée de base est plutôt bonne : lors d'une pré-discussion, les étudiants, guidés par l'un d'entre eux (le discussion leader) discutent et donnent leurs impressions sur un sujet. Etant donné qu'ils sont encore ignorants sur ce sujet, ils se rendent compte de ce qu'il leur reste à apprendre et définissent des learning goals. En quittant le cours, ils doivent lire et étudier la littérature choisie par le prof (souvent une bonne centaine de pages) pour combler leur ignorance et répondre aux learning goals. Ensuite vient la post-discussion, menée par le même discussion leader, lors de laquelle les étudiants répondent à leurs objectifs, éclaircissent les points obscurs, soulignent les difficultés et tutti quanti. Evidemment, tout le monde doit avoir lu les textes, et tout le monde doit participer. Chaque cours est composé d'une post-discussion et d'une pré-discussion qui amènera à la post-discussion du cours suivant, etc.

La Common Room à l'UCM
A raison de deux meetings par semaine et par cours, autant vous dire que le temps qui est laissé pour lire la littérature est très court et que ça va très vite ! En deux-trois jours, tu as globalement 200 pages à lire en anglais, à comprendre et à maîtriser en vue de pouvoir participer en cours, auxquels s'ajoutent facilement des devoirs périphériques comme des présentations (ils kiffent l'oral ici) ou des papers

Donc je ne vous le cacherai pas, j'ai beau être étudiante Erasmus, je bosse. Cela fait même longtemps que je n'ai pas autant bossé, tiens ! 
Alors évidemment, cela a des inconvénients. Pour pouvoir partir en voyage ou juste en week-end, il faut soit sacrifier la semaine précédente pour s'avancer le plus possible, soit accepter de se sentir complètement misérable et larguée la semaine suivante, tout en essayant clopin-clopant de rattraper le retard. (Ceci-dit, je vous rassure, ça se fait)
Heureusement, c'est quand même chouette ce qu'on étudie (et là c'est le paragraphe où maman saute de joie). A part le smkjffmsoijfesomijefs de cours de statistiques qu'on est obligées de prendre (d'autant plus cruel qu'on ne peut même pas jouer au passager clandestin en cours), le reste est plutôt sympa. 
Cultural Studies. Le cours avec le tuteur le plus bisounours que j'ai jamais vu. Rien que pour lui faire plaisir, tu as envie de te faire violence et de te lancer dans une tentative d'explication sociologico-compliquée-en-anglais, aussi vaine soit-elle ! Et puis c'est assez fun, car au niveau du contenu, tu en arrives à étudier très sérieusement des trucs comme ça : 
La sexualisation des publicités et les relations de pouvoir entre hommes/femmes, hétéro/homo
La contre-hégémonie des stéréotypes raciaux dans South Park
Le rapport de Facebook à l'individu
Oui, oui, j'ai bien fait une dissertation sur Johnny Depp !
(et sur la façon dont il incarne le concept de Judith Butler sur la performativité des genres)
Le plus hallucinant, c'est le nombre d'articles académiques qui existent sur des sujets improbables ! Après, évidemment, je vous donne les exemples les plus attrayants, et cela ne doit pas trop vous convaincre qu'on travaille sérieusement... et pourtant !
Film Art. Il fallait bien que je continue dans la lancée de cette mobilité avec un cours sur le cinéma. Enfin, rectifions, pas sur l'histoire du cinéma, mais plutôt sur l'analyse de films. Les traditionnels amphis sont remplacés par des séances cinéma style Utopia, les traditionnels articles académiques à lire sont remplacés par un livre nous parlant de mise-en-scène, cinématographie, lumières, décors, costumes, montage, son, style, etc. Et les traditionnelles post-discussions sont remplacées par les présentations d'étudiants sur l'analyse d'un fragment de film ! 

Alors c'est du boulot, mais j'avoue, c'est quand même chouette !
A l'heure qu'il est, je suis à la veille de mes examens (enfin, des examens de ma deuxième période, car vu qu'ils ne font pas comme tout le monde ici, leur semestre est divisé en trois périodes). Et je viens de finir mes derniers devoirs, soit un exposé en Cultural Studies sur la représentation de l'Afrique dans un musée paumé des environs, et le mfosijfmsoijefsoij de devoir-de-statistiques-qui-nous-a-pris-trois-plombes.
Il me reste alors six petit jours pour :

- Ecrire l'analyse entière du film que j'ai choisi, soit La vie des Autres (que je vous conseille vivement au passage !). 5000 mots.
- Ecrire trois petits essays pour l'examen de Cultural Studies. Sujets et nombre de mots encore inconnus.
- Réviser le sfmoijmsiejfsmij d'examen de Research Method (je crois que vous avez compris que j'a-do-re ce cours).
Easy. Top chrono, le compte-à-rebours est lancé. Après cela... retour à Toulouse pour une semaine de vacances !

jeudi 17 mai 2012

Les Pays-Bas célèbrent leur Reine et la France... son nouveau Président !


30 avril 2012 - 6 mai 2012.
A peine six petits jours séparaient les deux dates, et pourtant, entre les deux... deux mondes, deux cultures, deux fêtes nationales ! J'ai eu la chance de me trouver à chaque fois dans le bon pays au bon moment, ou devrais-je même dire... dans la bonne capitale au bon moment ! 
Telle une petite souris fouineuse, j'étais là, petite française égarée quelque part entre les Pays-Bas et la France. Car certes, il faut certainement être hollandais pour pouvoir humer pleinement l'essence du Queen's Day. Côté français, il faut certainement avoir vécu le battage médiatique de la campagne, avoir assisté à des meetings, avoir senti à la fois de l'excitation, de la lassitude et de l'impatience pour pouvoir vivre le 6 mai 2012 avec une telle intensité. Etant donné que je ne suis pas hollandaise et que mon seul lien avec la campagne présidentielle française s'est établi derrière un écran d'ordinateur, j'étais donc comme une petite souris qui fait à la fois partie du monde qui l'entoure et à la fois se retrouve dans une position d'observateur. 
Je dirais qu'il y avant tout trois points communs entre les deux événements : 1) C'est blindé de monde. 2) La ville semble paralysée et ne vivre que pour cet événement. 3) C'est une personnalité politique qui est célébrée par une nation.
Amsterdam, le 30 avril

Paris, la Bastille, le 6 mai
Vous qui êtes certainement plus familier avec les présidentielles françaises qu'avec la Reine des Pays-Bas ("Ah bon, ils ont une reine ?"), vous avez aussi dû vous poser la question "mais pourquoi diable sont-ils tous habillés en orange ?". Oui parce que les couleurs du drapeau hollandais, sont les mêmes que les nôtres, rouge, blanc, bleu. Même si j'y comprends rien à l'histoire de leur pays, il me semble qu'à un moment donné ils ont eu un roi qui s'appelait Guillaume d'Orange, et puis voilà... c'est resté. Et puis, un jour, ils ont eu une reine qui était née un 30 avril, et ils se sont dit que c'était une bonne date pour faire la fête, et ils l'ont gardée, malgré le fait que leur reine actuelle soit plutôt née en février. (Oui, oui, je ne vais pas faire semblant d'être une experte, je serais vite démasquée)
En ce lundi 30 avril, nous avons donc pris le train en direction d'Amsterdam. Une double-excitation se faisait sentir car non seulement c'était la première fois que nous allions mettre les pieds dans la capitale, mais en plus c'était le fameux Queen's Day ! Arrivées là-bas, nous avons rapidement pu nous munir d'un collier à fleur orange, histoire de ne pas faire trop tâches, et hop, c'était parti pour explorer la ville sous un beau soleil (je dirais presque "soleil de plomb", c'est que nous ne sommes malheureusement plus habituées à le voir, ce fourbe !).
Que d'animation, que de bonne humeur, que de partage ! Nous avions déjà remarqué que les hollandais étaient très gentils, qu'ils aimaient se rassembler pour faire la fête dans un mélange de générations comme au Carnaval, mais il nous manquait le Queen's Day pour définitivement confirmer cette impression. En ce jour férié, chacun a sa petite activité. Tandis que les jeunes déambulent sur les canaux en bateau avec une grosse sono, d'autres, plus ou moins jeunes, s'installent devant leur maison pour vendre leurs cup cakes maison (sur lesquels se dresse généralement un petit drapeau hollandais) ou pour faire leur vide-grenier. A chaque coin de rue se trouve une buvette à ciel ouvert car il semble bien que dans cette partie de l'Europe, comme chez les belges ou les allemands, on aime la BIERE. Une bière qui est aussi parfois accompagnée d'un fond musical typiquement dutch que nous avions déjà expérimenté au Carnaval, vous savez, le genre de chansons nationales ultra-ringardes que chaque habitant connait malgré tout par cœur ! Mais bon, elles apportent tellement de bonne humeur à ce peuple déjà souriant qu'on ne peut que finir par les apprécier, voire même les retenir ! 
A un autre coin de rue, un petit garçon joue Amélie Poulain sur le piano familial installé dehors pour l'occasion. Encore un peu plus loin, deux petites filles en tutu exécutent une chorégraphie de danse classique soigneusement étudiée, sous les applaudissements admiratifs des passants. 
Au fur et à mesure que nous déambulons dans la ville, chaque nouvelle découverte nous laisse un peu plus émerveillées : une scène flottante sur laquelle joue un groupe de musique, un stand à mojitos déambulant, un mec à vélo tenant tranquillement sous son bras une planche de bois de plusieurs mètres de long tout en discutant avec un copain, etc.
Puis nous arrivons dans un parc, à la fois kermesse des enfants où toute l'imagination est mobilisée pour attirer le passant, à la fois scène ouverte pour groupes de musique en herbe et à la fois lieu de détente pour piétons fatigués. Et les fameuses tulipes, bien sûr ! Non loin de là, la jeunesse dorée d'Amsterdam fait aussi la fête sur une péniche, chacune faisant la concurrence à celle d'à côté pour le prix imaginaire de la meilleure ambiance. La journée touchant à sa fin, c'est d'ailleurs cette dernière ambiance, celle de la grosse sono et des jeunes prêts à danser toute la nuit, qui commence à prendre le dessus. Malheureusement, la petite souris ne pourra pas trop vous en dire plus car il fallait bien qu'elle rentre à Maastricht ! 


Le dimanche suivant à Paris, le 6 mai, donc, fut tout aussi intense, pour d'autres raisons toutefois.
Outre l'élection présidentielle, une des premières choses qui m'a choquée en retournant en France, c'est... une certaine impression de pauvreté. Paris a son côté splendide, sa belle architecture, ses commerces appétissants. Mais Paris a aussi son côté misérable, ses pauvres qui font désespérément la manche dans le métro, ses laissés-pour-compte. Ce n'est pas nouveau, certes, mais cela m'a fait réaliser que je n'ai jamais croisé un seul SDF à Maastricht... Diantre, qu'est-ce que ça veut dire ? Il n'y a pas de pauvres aux Pays-Bas ? C'est vrai, quand j'y pense, cette ville de Maastricht représente un peu ce genre de société idéalisée. Tous ces gens à vélo, courtois, heureux, pas stressés, dans un style tout-va-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes. Il y a quelque chose de bizarre...
Et puis, j'ai réalisé autre chose, en me baladant avec Gaëtan à travers les magnifiques passages couverts de Paris, et en atterrissant dans un quartier sûrement inconnu des touristes, très vivant, très populaire, et aussi très multiculturel. Tu traverses un passage, et tu es au Maroc. Tu en traverses un autre, tu es en Afrique noire. Et le suivant, tu es en Inde. Juste un peu plus loin, il y a un marché couvert, rempli de produits on ne peut plus français. Cela a fait jaillir une autre question dans mon esprit : ils sont où les blacks aux Pays-Bas ? Et les beurs ? Pas dans le centre de Maastricht en tout cas (peut-être davantage à Amsterdam ?). Je sais que je touche un sujet sensible, qui donne lieu à beaucoup de divergences et de batailles politiques, et je ne vais pas rentrer là-dedans parce que ce n'est pas trop ma tasse de thé. Mais c'est quelque chose qui m'a marquée... Toute cette richesse culturelle, à quelques mètres d'écart.

Du point de vue d'une française expatriée (d'une petite souris), j'ai trouvé la France très divisée, et quelque part cela m'a attristée. Ce 6 mai était un peu comme une fête nationale, mais au fond, elle n'a rassemblé qu'une partie de la population. Et elle a déçu une autre partie de la population, voire a suscité sa haine. Ceci-dit, il y avait aussi de la haine du côté des "vainqueurs". A la Bastille, j'ai retrouvé cette France multiculturelle, et malgré l'impression de rassemblement, de joie libératrice, il y avait aussi beaucoup de rancœurs en toile de fond... Il y a du boulot.
Mais enfin, laissons de côté la petite souris à ses sombres observations, et retrouvons plutôt notre protagoniste, la Juliette qui était toute contente d'être à Paris en cette date historique. Car à ce moment-là, cette dernière était loin de se poser toutes ces questions, elle vivait pleinement l'instant présent, heureuse d'être avec son chéri et toute excitée de vivre sa première élection présidentielle en tant que citoyenne majeure dotée du droit de vote.
A 20h, au moment de l'annonce des résultats, nous n'étions ni devant le poste de télévision, ni rue Solférino, mais... à l'Olympia ! Car en ce jour à haute signification politique, le non-moins politisé Stéphane Guillon donnait la dernière représentation de son spectacle. 

Le spectacle commençant à 17h, nous étions loin de penser être encore dans la salle trois heures après... Mais le coquin a bien joué son coup. Une première partie laissée aux mains de musiciens humoristes et virtuoses, une petite demi-heure d'entracte, et hop, le compte à rebours est lancé, à coup de blagues osées et provocantes, et d'éclats de rire d'une salle conquise par avance. Aaah, il était à la fois triste et excité, le Stéphane Guillon ! Le pauvre, que va-t-il faire s'il ne peut plus se moquer de Sarkozy ? Bah, je lui fais confiance pour rebondir, lui qui a magiquement réussi à croquer François Hollande en le transposant ironiquement dans le monde de Oui-Oui. 
A 19h55, la salle frémit d'impatience... Il ne va pas nous faire louper les résultats quand même ? Mais non, voyons ! A 19h57, après une dernière petite pique à l'attention de Marine Le Pen, il s'installe devant le vieux poste de télé qui trônait sur la scène depuis le début, et l'image de David Pujadas apparait projetée au fond. A 20h, la voix de ce dernier est largement couverte par les explosions de joie retentissant dans la salle. Applaudissements enthousiastes, c'est un triomphe pour le nouveau président mais aussi pour Stéphane Guillon qui se met à distribuer des roses dans le public. 
Nous nous empressâmes ensuite de rejoindre la Bastille, après avoir acheté le champagne (enfin, hum, le vin mousseux). Il nous fut impossible de retrouver les copains pour cause de réseau saturé, mais la soirée n'en fut pas moins célébrée, soyez rassurés :)

mercredi 2 mai 2012

Flashback argentin


Juste un petit article pour vous faire partager cette vidéo consacrée à un des derniers voyages réalisés en Argentine en décembre dernier : deux parcs nationaux, le parc Talampaya et le parc Ischigualasto, aussi appelé "Vallée de la Lune" (vous comprendrez rapidement pourquoi !).
Parfois quatre minutes de vidéo peuvent en dire aussi long que des grands discours, alors pour une fois, ce sera bref, place aux images !

dimanche 29 avril 2012

Belgique, mon amour !


Oulah ! Le dernier article sur ce blog date du 16 février... et nous sommes actuellement le 29 avril... Mais on dirait qu'il y a un sérieux coup de mou là !
Ben alors, Kerjul, tu dors ? Tu n'as plus d'anecdotes à raconter ? 
Oh que si ! Au final, il n'y a pas forcément besoin d'aller à l'autre bout de la planète pour faire face à un choc culturel. Mais je dois avouer qu'après avoir pris autant de retard, je ne sais pas trop par où reprendre...
J'ai trop le goût de l'anecdote pour me contenter d'un large résumé des deux derniers mois, du style "alors on est allées à Berlin, puis on a travaillé, puis je suis allée à Paris, on a re-travaillé, puis en Suède et".... alors au diable les généralités et que vive les particularités !
Je vais donc vous exprimer dans cet article tout mon amour pour... la Belgique. Parce que vous savez, entre nous, c'est un peu "je t'aime moi non plus". C'est comme dans un vieux couple, on se dispute, on se mène la vie dure, mais après tout... on se dit qu'on n'est pas si mal ensemble, l'un et l'autre !
"La Belgique ? Mais tu n'es pas aux Pays-Bas ?" me direz-vous. Hé oui, vous mettez le doigt sur quelque chose, en effet ! Car c'est là qu'a commencée ma cohabitation avec la Belgique. 
Quand je suis arrivée toute guillerette à Maastricht, je pensais - tout comme vous - que j'allais passer un semestre aux Pays-Bas. Sauf que non, j'étais loin de me douter que la perfide Belgique, jalouse du rayonnement maastrichtien, avait décidé de mettre son grain de sel là-dedans. Notre amie belge a donc usé d'un stratagème perfide pour nous attirer (Camille et moi) dans ses filets... Jeunes et naïves que nous étions, nous avions réservé chacune une chambre d'étudiant dans une résidence qui se vantait d'être seulement à "sept minutes à vélo du centre de Maastricht". 
Et PAF, dans le panneau ! Sept minutes à vélo du centre de Maastricht, si on arrondit à 20-30 minutes (ben oui, on n'est pas à un quart d'heure près), cela nous amène à.... Smeermaas. 
Hein, Smeer-quoi ? Smeermaas, c'est une gentille petite bourgade... belge. Et voilà, nous y sommes. La Belgique avait déjà commencé à nous berner. Tu crois que tu vas habiter aux Pays-Bas, et tu te retrouves dans un lieu-dit en Belgique (car si vous vous rappelez bien ma petite carte de l'article précédent, Maastricht est une ville frontalière). Bon, allez... C'est pas si grave, après tout, cela nous fait faire du sport de passer la frontière tous les jours ! Mais tout de même, conseil d'ami, ce n'est jamais très bon de commencer une relation amoureuse sur un malentendu (ou sur un mensonge).
C'est pourquoi cette relation était destinée à provoquer quelques vagues. Si vous avez bien suivi, je vous ai laissés en plein suspense la fois précédente, à propos du Carnaval hollandais (sisi, un suspense de fou !)... Hé bien, c'est précisément à ce moment-là que la tenace Belgique a de nouveau fait des siennes ! 
Il faut avouer que même si la Belgique fêtait aussi Carnaval, nous l'avions légèrement snobée pour voir ce qu'il en était côté Pays-Bas, à Maastricht. Et alors là, jalousie quand tu nous tiens, à croire que ça ne lui a vraiment pas plu ! Voici donc comment elle s'est vengée...
Après deux jours d'intense Carnaval hollandais, nous avions prévu de passer le reste des vacances à Berlin. Un long trajet nous attendait avant d'arriver là-bas, nous devions d'abord prendre le train de Maastricht à Liège, puis de Liège à Bruxelles, pour ensuite s'envoler à Berlin avec EasyJet.
Bon, d'accord, c'était déjà tordu d'aller en Allemagne en passant par la Belgique, mais c'était sans compter la vengeance de cette dernière, horriblement vexée ! Tout commença à Smeermaas. Alors que le village dormait paisiblement depuis notre arrivée, il a subitement décidé de s'éveiller le jour de notre départ. Attention, branle-bas de combat à Smeermaas pour Mardi gras, youhou c'est la fête ! Ouais cool de l'animation ! Bon, ça c'était la réaction avant qu'on ne se rende compte que plus aucun bus ne pouvait passer dans la bourgade. 
Hé merdeeeee, notre train part dans trois quarts d'heure et on a aucun moyen d'aller à Maastricht...
Bon, allez, c'est pas grave, hop hop hop, on s'active, on commence à marcher et on essaie de faire du stop ! Mais heuuuu, pourquoi personne nous prend ? De longues minutes s'écoulent avant qu'une voiture à l'intérieur enfumé par la cigarette ne veuille bien venir à notre secours. Je vous épargne les détails de la course, mais en gros c'est après avoir sauté de la voiture, couru jusqu'à un bus qui allait miraculeusement à la gare, puis sprinté de nouveau jusqu'à la vieille locomotive (tout cela au prix de la perte d'un premier poumon) que nous avons pu valider cette toute première étape du voyage.
Arrivées à Liège (aaargh, retour en Belgique !), deuxième frayeur au moment d'effectuer la correspondance - assez courte au niveau du timing. Avec ces embrouilles belges, nous n'avions pas eu le temps d'acheter nos billets. Et voilà que le sort s'acharne, la machine vendant les tickets refusant nos cartes bleues, le distributeur aussi, c'est donc au prix de la moitié du deuxième poumon que nous avons finalement réussi à attraper le deuxième train.
A ce moment-là, nous pensions en avoir fini avec les frayeurs bleues. Mais cela ne devait sûrement pas être suffisant pour rassasier l'esprit de vengeance de notre amie Belgique ! Une demi-heure avant d'arriver à Bruxelles, le train s'arrête... et ne repart pas. Suicide sur la voie, ben oui, forcément ! 
"On ne peut pas repartir tant que la police n'est pas arrivée, fieu !" nous explique un contrôleur belge. "Vous n'avez qu'à prendre ce bus de ville, là. En quinze minutes, vous êtes à Leuven, et là vous pouvez attraper le train qui va à l'aéroport."
Mmmh, ça sent le roussi, mais soit, on n'a pas vraiment le choix, prenons ledit bus ! Trois quarts d'heure plus tard, nous étions toujours dans le bus, à traverser des villages tout aussi paumés les uns que les autres, tantôt un village flamand, tantôt un village francophone... Autant dire que si nos poumons avaient eu le temps de ressusciter, nous frôlions alors la crise cardiaque.
Génial, notre avion part dans une heure et nous sommes au beau milieu de la campagne belge... Tout-va-bien-restons-calmes-on-respire.
Quand nous arrivâmes enfin (oui, allez un petit passé simple pour dramatiser un peu) à Leuven, nous courûmes désespérément une énième fois vers la gare. Et là, coup de grâce : le train en direction de l'aéroport s'élance au moment où nous débarquons sur le quai.
And the winner is... Belgium !
Sauf que non ! Hé ho, on ne va pas se laisser faire comme ça non mais ! Un dernier petit sprint jusqu'à un taxi, la re-perte d'un poumon, un porte-monnaie qui explose... et une arrivée triomphante à l'aéroport, deux minutes avant l'heure limite d'enregistrement. Ouf. Les vacances pouvaient commencer !

***
Inutile de préciser qu'à ce moment-là, nous avons frôlé la rupture avec la Belgique. Ah ça oui, on était très fâchées ! Mais... vous savez... Dans un couple, on se dispute... mais on se pardonne aussi. Et pour le coup, nous étions bien obligées de lui pardonner un peu à la Belgique, car sans quoi nous n'avions plus de toit au retour de Berlin ! Alors, au début, on râle... et puis, petit à petit on s'accommode. Et enfin, après l'hiver mouvementé, le printemps pointe son nez, et on commence à apprécier de nouveau la vie à deux, à prêter attention aux arbres qui bourgeonnent, aux oiseaux qui gazouillent, aux péniches qui prennent vie... et on finit par se dire que bon, au final ce n'est pas si terrible la Belgique. (c'était la minute émotive de l'article)
Il se trouve même que Liège, c'est très joli, dès qu'on s'y attarde un peu plus que le temps de perdre un poumon.
Alors oui, mes amis, tout ça pour dire que l'hiver hollando-belge, c'est assez rude, mais que, sans rancune, le printemps arrive !

jeudi 16 février 2012

Maa.. Maa... Maastricht ! (à tes souhaits)


Voilà déjà presque trois semaines que j'ai débarqué à Maastricht, et je peux enfin me poser tranquillement devant un ordinateur pour vous en dire un peu plus.
Maa-quoi ? Mais si, vous savez, Maastricht ! La ville qui a hanté nos copies d'histoire au lycée car on ne savait jamais comment l'écrire, on ne savait pas vraiment la situer sur une carte et pourtant il fallait quand même en parler parce que quelques dirigeants européens avaient eu la bonne idée de vouloir signer le traité pour l'Union Européenne là-bas !
Maastricht, c'est aussi La-Ville-Dont-On-N'arrive-Pas-A-Prononcer-Le-Nom (avouons-le, Voldemort, c'est quand même plus simple). Au bout d'un moment, quand il y a plus de consonnes que de voyelles, ça devient un peu compliqué pour nous autres francophones. C'est un peu comme Nietzsche, quoi. Pour être sûrs de ne pas oublier une lettre, tu te sens obligé de dire dans ta tête "ni-te-ze-se-che", ou bien "ma-a-se-te-ri-che-te". Enfin, il se trouve que quand je suis arrivée à l'aéroport d'Amsterdam et que j'ai voulu demander le train pour aller à Ma-a-se-te-ri-che-te, vu la tête qu'a fait mon interlocuteur, je me suis dit : "ça y est, c'est une arnaque, c'est tellement paumé que ça n'existe que dans les livres d'histoire" ! 
Car c'est vrai, quand tu regardes sur une carte, ça a l'air vraiment perdu. 


Déjà que c'est pas grand les Pays-Bas, qui aurait l'idée d'aller là, tout en bas, dans ce petit îlot coincé quelque part entre la Belgique et l'Allemagne, dans cette ville qui n'est ni dans le guide du Routard des Pays-bas, ni dans celui de ses deux voisins ? Ben... moi, il faut croire.
Bon, allez, je vous rassure, j'ai eu le temps de revoir un peu mes préjugés entre temps ! Mais malgré tout, il y en a quelque-uns qui ont subsisté :
1. IL FAIT TRES - mais alors très très - FROID.
Je dois avouer que quelques jours avant le départ, alors que je stressais un petit peu et que ma mère est arrivée en disant "Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer, je t'ai acheté des CHAUSSETTES", là, tout de suite, ma réaction a été : "Aaah, mais oui, tu as raison, je pars aux Pays-Bas pour 5 mois, mais puisque j'ai des chaussettes, je n'ai au-cu-ne raison de m'inquiéter !"

Hé bien, la morale de l'histoire est qu'il ne faut jamais se moquer de sa maman, parce que oulala qu'est-ce que ça caille... La neige, encore, c'est joli, mais quand le thermomètre continue de descendre, attendre un bus pendant 30 minutes vers 20h le soir devient un acte presque suicidaire. 
Tu as beau faire la danse des indiens en sautillant sur place et en soufflant des "ouh ouh ouh", ça n'aide pas les pieds à décongeler ! Et encore, le pire reste à venir... Quand tu finis par monter dans le bus, à l'abris du vent polaire et dans une atmosphère plus chaleureuse, c'est le choc climatique, la fonte des glaces, la dislocation de la banquise ! Tes petits petons semblent vouloir gonfler, gonfler et finir par faire exploser tes chaussures dans une giclée de sang et de chair digne d'Happy Tree Friends. Bref, inutile de préciser que ma première expérience à vélo a été tout aussi traumatisante. Heureusement, la grande vague de froid qui s'est abattue sur l'Europe dernièrement semble se dissiper.

2. LE VELO REGNE EN MAITRE.
Il s'agit d'un des plus beaux clichés sur les Pays-Bas, mais c'est tellement vrai... Rien qu'en sortant de la gare, les vélos s'entassent dans des parkings sur des centaines de mètres. 
A Maastricht, tu peux te faire renverser par un vélo si tu ne fais pas attention. 
A Maastricht, les vélos ont la priorité sur les ronds-points et les voitures s'arrêtent.
A Maastricht, l'une des premières questions que l'on te pose quand tu viens d'arriver, c'est "Do you have a bike ?"
A Maastricht, beaucoup de vélos ne sont pas attachés par un antivol (Mmh, quelle serait la durée de vie d'un vélo non attaché à Toulouse ? Dix minutes ?). 
A Maastricht, un des seuls magasins à être ouvert après 18h ainsi que le dimanche est... un magasin de vélo.
Autrement dit, dès qu'il fera moins froid, ce sera un peu "Kerjul aux pays des merveilles". 

3. LAISSE TOMBER LE HOLLANDAIS
Apprendre la langue hollandaise n'était déjà pas au programme à la base, mais je crois que même en faisant un effort, ça ne sera tout simplement pas possible. Pour vous dire l'ampleur de la tâche, depuis trois semaines, mon objectif est d'arriver à dire "s'il vous plaît/merci", et il n'est même pas encore atteint. Arschtublieft ou un truc comme ça. Pour l'instant la seule chose que j'ai envie de répondre c'est "A vos souhaits !".
De toute façon, les hollandais (ou plutôt les néerlandais, pardon pardon !) vous le diront eux-mêmes, "apprendre le dutch, ça sert à rien". Ils parlent tellement bien anglais que, selon mon humble avis, les américains et les canadiens devraient prendre modèle sur eux. 

Enfin bref, je vais arrêter là les clichés, parce que parallèlement, j'ai eu beaucoup d'autres surprises ! Déjà, il se trouve que Maastricht n'est pas le petit village perdu que j'imaginais, avec deux cafés miteux, un petit commerce et une petite Eglise (j'exagère, mais j'avais presque cette image). 
Des Eglises, il y en a, certes, mais elles sont énoooooormes ! Et il y en a tellement que certaines ont trouvé une toute autre fonction pour ne pas être délaissées : vous avez donc une église-librairie, une église-club-de-fitness, une église-amphithéâtre-de-la-fac... Et les cafés miteux s'avèrent plutôt être des bars jeunes et branchés, où la bière coule à flots. Quant au petit commerce, honte à moi, Maastricht a beau être une petite ville, c'est quand même une véritable capitale du shopping ! Même Camille qui revient d'un semestre à Paris, capitale de la mode, a été impressionnée !
Et la fac, me direz-vous ? Ah oui, la fac... Ben oui, forcément, c'est pour ça que je suis venue, hein... Rien à voir avec le système français, où quand tu arrives en amphi, tu (au choix) dors / prends des notes / manges / geek sur l'ordi, et où tu cravaches deux semaines avant les partiels pour tout ingurgiter. 
Ici, tu te retrouves dans un petit groupe d'une quinzaine de personnes, le tuteur ne parle quasiment pas et ce sont les élèves qui abordent le problème souhaité, discutent, débattent, définissent des "learning goals", repartent chez eux, lisent les (nombreux) textes sur le sujet, reviennent deux jours plus tard et re-discutent pour répondre à leurs "learning goals". Et le pire... c'est que ça marche. Alors qu'en France on se retrouverait certainement à se regarder dans le blanc des yeux pendant deux heures en attendant que quelqu'un veuille bien se sacrifier pour parler, ici, si tu ne parles pas (dans un anglais parfait, cela va de soi), c'est que ce n'est pas normal. 
En d'autres termes, accroche ta ceinture, petit français qui bégaie, ça va dépoter ! 
Mais pas pour l'instant, car... c'est Carnaval ! Et pour l'occasion, nous avons même une semaine de vacances - et pour qu'ils nous accordent des vacances à la fac, c'est que ça doit être sacrément culturellement ancré. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler du Carnaval de Maastricht, mais au vu des installations en cours, des photos trouvées sur Google images et de l'excitation générale perçue dans la ville, il a l'air d'avoir rien à envier à celui de Venise ou de Rio de Janeiro ! (à part la chaleur pour ce dernier, peut-être...)

Le Carnaval approche !

mardi 3 janvier 2012

At home !

Retour sur le sol français ! L'occasion de retrouver la pluie, les manteaux, le froid... mais aussi le foie gras, les fruits de mer, le fromage ! En cette période de fêtes, de retrouvailles, de ripaille, il semble déjà bien loin le temps où je me promenais dans les ruelles pavées de San Telmo animées par la bonne humeur estivale, lorsque rester en short sur la terrasse à manger des grillades était encore envisageable.
Cela semble presque un rêve. Cela s'est-il réellement passé ? A retrouver les copains, la famille, comme si on les avait quitté dix jours avant, on revient avec l'impression que tout ceci n'était qu'une belle parenthèse. 
Mais une parenthèse qu'on ne veut surtout pas oublier ! C'est pourquoi, à peine rentrée à Toulouse après dix jours vagabonds entre Paris, la Bretagne et Bordeaux, je me raccroche déjà à mes souvenirs... 
Comme promis, un premier montage sur les chutes d'Iguazu : 

Bonne année !