mardi 23 août 2011

Et la nuit porteña ?

J'ai entendu beaucoup de choses sur les habitudes des porteños (nom donné aux habitants de Buenos Aires). 

Si j'ai pu constater certaines manies par moi-même - comme celle de boire du maté toute la journée - d'autres n'étaient jusqu'alors que de simples rumeurs que je brûlais d'envie de confirmer. Par exemple, comment cela se fait-il qu'ici les gens ne commencent pas à travailler avant 10h30 (et encore, à mon stage il arrive qu'il n'y ait personne avant midi) ? Comment cela se fait-il que le week-end, quand je déjeune à 14h30 - ce qui est déjà tard pour nous autres français - certains habitants de la résidence n'en sont qu'à leur petit-déjeuner ?
Beaucoup d'indices sous-entendaient que la noche porteña était intense... Très intense. Jusqu'alors, je ne pouvais que le deviner. Certes, j'avais tâté un petit peu le terrain lors du premier week-end avec les français rencontrés dans l'avion. Rentrés à 6h du matin, nous nous étions rendus compte qu'il était de toute manière difficile de faire autrement. Nous avions pourtant choisi le bar/club le plus "proche" selon le guide... Une heure de marche pour l'atteindre. Dans ces cas-là il vaut mieux rentabiliser le déplacement.
Mais depuis ce premier contact, rien. Le rythme stage-visite-dodo (entendez "visite d'appart" bien sûr) ne me donnait ni la force ni l'envie d'affronter l'hiver argentin pour aller danser. Toutes mes phrases se construisaient de la même manière : "Quand on aura trouvé l'appart on pourra faire ci ou ça".
C'est maintenant chose faite ! L'appart en poche, le cœur léger, le sourire aux lèvres, l'esprit libéré de toute préoccupation, j'ai enfin pu me consacrer à une de ces fameuses nuits porteñas.

C'était pourtant mal parti au départ. Enthousiasmées à l'idée d'assister à un show d'électro-tango en fin d'après-midi, nous ne nous sommes rendues compte qu'en chemin que Technopolis - lieu du spectacle - se situait loin. Très loin... Après avoir pris un bus, un train puis un autre bus, nous sommes arrivées 1h30 après. Trop tard, c'était fini. 

Je crois que nous commençons (à peine) à comprendre que ce n'est pas parce qu'un événement a lieu à Buenos Aires qu'il est proche et accessible ! Buenos Aires fait trois fois Paris, il serait temps de l'intégrer. Heureusement, nous n'avons pas perdu notre temps pour autant, car Technopolis ne se résume pas à une salle de spectacle. Etrange impression que d'arriver dans cette mini-ville, qui fait figure de centre d'attractions pour enfants et de vitrine des avancées scientifiques, agricoles et technologiques de l'Argentine. Ici se côtoient tracteurs high tech, spectacles scientifiques, DJ d'électro, skateparc, dinosaures empaillés, personnages futuristes et fast-food pour nourrir les très nombreux visiteurs.

Je n'allais d'ailleurs pas tarder à rejoindre les dinosaures empaillés en tant qu'humain congelé sur place pour cause de température très basse (ceci-dit pour les enfants je pense que cela peut être intéressant)aussi nous avons fini par rentrer. Après cet épisode, je pensais passer le reste de la soirée dans mon lit avec trois pulls et un chocolat chaud, songeant à tous les français qui eux, meurent de chaud - pas forcément mieux me direz-vous. 
Mais Julia, qui est toujours au courant de ce qu'il y a à faire dans cette immense ville, a réussi à me sortir de ma léthargie au moyen des simples mots "soirée Balkanika Sounds" et de quelques vidéos Youtube pour illustrer l'idée. Et hop, quelques minutes plus tard, nous étions de nouveau en train de traverser la ville en bus. Et une fois de plus, nous n'imaginions pas que c'était si loin... 
A l'arrivée, une longue file d'attente, et chaque carte d'identité scrutée à l'entrée par un videur aussi grand que large. Et merde... J'avais laissé le passeport à la résidence. Je nous voyais déjà rentrer bredouilles, refoulées à l'entrée, mais l'avantage d'être étrangère c'est que le coup de "oh-pardon-je-suis-française-je-savais-pas-laissez-moi-passer-siouplaiiiit", accompagné des yeux de Chat Potté, a le don d'adoucir n'importe quel videur. Et heureusement ! Temps d'arrêt à l'entrée, au moment de découvrir les lieux. La discothèque est en réalité... Un théâtre. Avec rideaux rouges, scène, et mêmes les petits balconnets autrefois dédiés aux plus aisés. Et tout cela étrangement mêlé aux traditionnels bars et lumières disco. Quant au public, lui aussi ne semble pas coller avec l'image traditionnelle du public de boîte de nuit. Dreadlocks, chapeaux, pantalons amples, mais aussi moustache rétro et porteños branchés. Pas trop de minettes en jupe ras-les-fesses ni de vieux beaufs à la recherche de conquête d'un soir. Tant mieux.
Et dans cet étrange décor, de la musique balkan. Un DJ aux accents slaves, mais aussi deux groupes de musique qui ont transporté la foule toute la nuit avec leurs accordéons, guitares et cuivres. Comme une impression de festival, mais en hiver, dans un théâtre-discothèque. Inutile de préciser que moi aussi, j'ai été transportée. Dans les deux sens du terme d'ailleurs, transportée par la musique mais aussi par les mouvements de la foule qui sautait plus qu'elle ne dansait ! Les cinq épaisseurs enfilées pour affronter le froid hivernal se sont vite avérées superflues. Au moment de partir, aux alentours de 6h, la foule ne désemplissait pas, et dans le bus du retour non plus, mêlant à la fois fêtards s'en allant rejoindre leur lit et travailleurs à l'aube d'une nouvelle journée. Cette fois-ci je faisais donc partie des gens allant rejoindre leur lit, et j'ai donc moi aussi pu expérimenter le petit-déjeuner à 15h30 suivi d'un déjeuner/dîner à 19h30. Et ma foi ce n'est pas désagréable !
Si beaucoup de mégalopoles méritent le surnom de "la ville qui ne dort jamais", je pense qu'il est aussi amplement justifié pour Buenos Aires ! 
Et pour conclure tout cela, un aperçu du groupe Shabatones qui a ô combien animé cette soirée.


4 commentaires:

  1. Il est 21:11, et j'ai vraiment la flemme de regarder 9min de vidéo. ;-) Mais j'ai eu le courage de lire ton article de la tête au pied. Il est tout à fait à ton image, une fois de plus. Après tes histoires de blog non-publiés, ce sont des péripéties en bus. Des passeports oubliés. Des jeunes filles européennes égarées.

    C'est un plaisir de te lire. Je ne sais pas si tes parents en diront autant... les folles nuits argentines semblent ne pas être de tout repos. Quoi qu'il en soit, tu as l'air dans ton élément, alors profites-en.

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  2. Pire que l'heure espagnole, l'heure argentine !
    Le contraste avec Maaaaastricht va être rude. Là bas, c'est plutôt l'heure anglaise : à 23h00 dodo !

    PS : pour le passeport, une photocopie devrait marcher. Pas la peine de prendre le risque de le perdre en soirée (ça y est, les parents sont de retour)

    PS2 : on a enfin trouvé comment laisser un commentaire :-)

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  3. Coucou ma Juliette, c'est génial de te lire et de te savoir déjà plongée dans cette ambiance buenos-airienne !! On guettera tes chroniques truculentes, profites-en bien et continue à nous faire sourire et rêver.
    Plein de bisous.
    Sylvie.

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  4. Coucou Sylvie et toute la petite famille, merci pour ce gentil petit mot ! J'imagine que vous aussi vous devez avoir plein de choses à raconter après ce séjour en Malaisie, il me tarde aussi d'en savoir un peu plus :)
    Bisous !

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