mardi 30 août 2011

And the winner is...


Vue depuis le balcon

Me voici en direct du nouvel appartement ! Ou presque, si on oublie le fait que pour l'instant internet ne marche pas et que je ne pourrais publier ceci que demain au mieux.
Depuis quelques heures, j'ai l'impression d'être une enfant qui découvre petit à petit ce qui se cache sous la montagne de cadeaux qu'elle a reçue pour son anniversaire. Et chaque jouet révélé sous le papier cadeau provoque une exclamation d'admiration. Oooh, regarde, ils nous ont laissé deux thermos ! Et le récipient pour le maté ! Waaah, il y a plein de magazines sur le tango ! Oh c'est trop mignon toutes les casseroles sont assorties ! Et des verres à pied ! Et des serviettes de bain !
Il faut dire qu'après avoir vécu dix jours dans l'auberge de jeunesse puis deux semaines dans la résidence étudiante, il en faut peu pour m'émerveiller. Je suis sur le point de vouer un culte à la salle de bain simplement parce qu'elle dispose d'un rideau de douche empêchant d'arroser la cuvette des toilettes...

Et d'ailleurs, à propos de culte...
Ce matin à la résidence - enfin 12h30 mais autant dire qu'à cette heure un dimanche c'est aussi calme qu'à 8h du mat - je me lève tranquillement, contente à l'idée de pouvoir acquérir bientôt un chez moi. Une seule autre personne - sur la vingtaine d'habitants - semble réveillée et affairée dans la cuisine. Remarquant que le garçon semble s'être mis sur son 31, j'engage la conversation, demandant s'il se prépare pour un événement particulier. Je ne saisis pas tout de sa réponse et ne comprends que le mot final : religion. Aaah, il doit revenir de la messe ! C'est vrai que par ici les gens sont très croyants. Mais voilà qu'il me demande comment on dit cela en français... Heuuu, la messe ? 
"Non, non, je n'étais pas à la messe, je suis allé frapper aux portes pour expliquer ma religion."
Blanc. 
"Alors, comment vous dites en français ?" insiste-t-il.
Re-blanc. Une secte ? Je dois avouer que c'est le seul mot qui m'est venu à l'esprit. Heureusement, j'ai été bien inspirée de garder ce mot pour moi et de me contenter de quelque chose d'un peu moins polémique du style "j'sais-pas-moi-yen-a-plusieurs-qui-font-ça"
"Non, en fait, il n'y a que les témoins de Jéhovah qui viennent frapper aux portes."
Les témoins de.... Là, c'est tout mon cours de Religions et Société qui refait subitement surface, et notamment toute la partie expliquant les mesures prises en France pour lutter contre les sectes et particulièrement les témoins de Jéhovah. Déglutissant et tentant d'esquisser un sourire naturel, je grommelle un "c'est le même nom en français" puis je prétexte que mes céréales vont refroidir pour fuir la conversation. Après cet épisode, je me félicite d'autant plus de partir dans l'après-midi, au moins celui-ci n'aura pas le temps d'essayer de me convertir à sa "religion". 
C'est avec beaucoup d'entrain que j'ai donc bouclé ma valise. Enfin, juste avant, je m'en vais à la terrasse pour récupérer des affaires sur le fil à linge. Quelle ne fut ma surprise quand je me suis rendue compte qu'elles n'y étaient plus ! Etant donné qu'il s'agissait essentiellement de sous-vêtements, je m'imaginais déjà qu'un des habitants s'avérait être un gros pervers collectionneur de petites culottes. Après la découverte du témoin de Jéhovah, cela ne m'aurait guère surprise. Finalement, il s'agissait seulement d'une fille à l'âme charitable qui avait tout ramassé pour cause d'averse. Ouf... 
Cuisiner à la résidence, mission quasi-impossible
Il ne me restait plus qu'à rendre les clés au propriétaire - sensé arriver à 15h30 - pour pouvoir dire adieu à la cuisine surchargée, les toilettes mouillés à cause de la douche, l'isolation inexistante de la chambre, les tchatcheurs nocturnes (jusqu'à 7h du matin une fois) et autres témoins de Jéhovah ! Mais je ne regrette pas, cela me permet de confirmer que c'est très formateur, la mobilité. 
Oui, oui, très formateur. Je saurai aussi désormais qu'en Argentine, c'est presque normal de poser un lapin à quelqu'un. Car on l'a attendu, le proprio de la résidence... A 16h10, toujours personne, et nous étions sensées retrouver l'autre propriétaire à 16h30. Nous voici donc parties en quête d'un locutorio dans la rue. Une fois trouvé, nous appelons Sebastian, le fameux proprio qui se fait désirer.
"Ah oui pardon, en fait je ne peux pas venir, je suis au travail." nous dit ce dernier. Pas d'excuses, rien. Bien sûr, c'était à nous de deviner et d'appeler !
Heureusement que Daniel, le propriétaire de l'appartement, est compréhensif et qu'il nous pardonne notre ignorance des mœurs du pays. Nous arrivons finalement avec 1/2 heure de retard...
Je suis maintenant persuadée que toutes les galères sont derrière nous. Daniel et sa compagne Susanne, qui est hollandaise, sont vraiment très sympathiques. Après moult recommandations et conseils en tout genre, nous pouvons enfin nous poser ! Ce qui est génial, c'est que dans la bibliothèque, il y a plein de guides... et notamment un guide d'Amsterdam ! Je vais pouvoir préparer mon prochain voyage tout en étant à Buenos Aires ! Et si je veux, je peux même m'initier au hollandais car cette même bibliothèque contient des livres hollandais. Enfin, je dois avouer que cela n'est pas vraiment au programme...
Je vous laisse, j'ai encore plein de cadeaux à déballer ! 


samedi 27 août 2011

Adepte des faux-départs ?

Pour l'instant je laisse le point d'interrogation. Mais j'espère grandement que d'ici demain je pourrais répondre "non" !
Je dois avouer que jusqu'à présent, j'ai eu pas mal de plans qui sont tombés à l'eau. 
1. D'abord il y a eu le départ raté à l'aéroport de Toulouse - au passage je n'ai finalement eu aucun problème en arrivant à Buenos Aires et mon visa est toujours aussi inexistant qu'il y a un mois.
2. Ensuite la propriétaire de la chambre que j'avais quasi-réservée m'a fait le coup de "finalement l'ancienne locataire a décidé de rester", alors que j'avais transféré ma valise de l'auberge à la résidence spécialement dans l'attente de pouvoir emménager dans cette chambre, deux semaines après. Mon erreur a été de faire un peu trop confiance au "quasi".
3. Ouf, par chance, je trouve un appart - bien meilleur, haha - prêt à être emménagé justement le jour où je suis sensée quitter la résidence ! C'était presque trop beau pour être vrai, aussi je m'attendais à un autre rebondissement. Et j'ai eu raison.

Dimanche dernier, première désillusion. J'avais visité l'appartement la veille, et depuis lors je ne me déplaçais qu'avec un immense sourire sur le visage, chantonnant à moitié et prête à entamer une danse avec le premier venu. C'était la dernière petite poupée russe, et je me félicitais d'avoir attendu, galéré, espéré, déchanté, car enfin, je savourais la victoire. Dimanche, je visite à nouveau avec Julia pour lui montrer ma trouvaille. 
"En fait, vous ne pouvez louer que deux mois, peut-être trois, car j'ai la fille d'une amie allemande qui vient, blablabla..." nous dit le propriétaire. Ah... Je n'avais pas compris ça hier. Tant pis, on prend quand même !
Lundi, toutes deux perchées sur notre petit nuage, nous allons fièrement donner une caution au proprio en attendant d'emménager le week-end. Deuxième désillusion. Le petit nuage devient subitement un peu plus gris.
"En fait vu que c'est du logement temporaire, il faut tout payer en avance, soit les deux mois plus l'équivalent d'un mois pour la caution. Vous devrez donc donner ce week-end.... 1950 dollars."
Ah... Heuuuu... Tant pis, on prend quand même ! 
A partir de là s'est engagée une grande bataille avec banques françaises et argentines. J'ai laissé l'épée à mes parents pour la première estocade côté français. Il s'agissait de rehausser le plafond exceptionnellement-siouplait-madam', afin de pouvoir dépenser beaucoup-beaucoup cette semaine sans mourir de faim les jours suivants pour cause de plafond atteint. Quand cette première embuscade fut menée avec succès, je pensais la partie gagnée. Douce illusion !
Maintenant, je me sens un petit peu comme ces généraux français qui pensaient gagner la 1ère Guerre mondiale en quelques jours à peine. C'est pourtant l'heure de creuser les tranchées. 
Des dollars.... Sacrés américains, ils ont le don de toujours mettre tout le monde dans le pétrin, où qu'on soit ! Je pensais pourtant qu'il était facile de retirer des dollars en Argentine. J'sais pas moi, l'Amérique latine c'est un peu la chasse gardée des States, sur certains distributeurs ils te demandent si tu veux retirer des dollars ou des pesos, et puis cela semble courant d'exiger un loyer en dollars par ici. Me fondant sur tous ces arguments, je m'en vais hier - jeudi - retirer ces dollars. Premier distributeur, zut ça marche pas. "Disculpa, pero en este momento no se puede hacer la operacion[Désolé, mais il n'est pas possible de faire cette opération pour l'instant]. Deuxième distributeur, même message. Troisième distributeur, ne distribue pas de dollars. Quatrième... BON, ok, je lève le drapeau blanc, chacun peut retourner dormir tranquille dans ses tranchées pour cette nuit.
Aujourd'hui - vendredi, merci Juliette pour ce rappel calendaire - j'arrive relativement sereine au stage, certaine de pouvoir gagner la partie d'ici demain (le général français, vous dis-je !). Je parle vaguement de l'échec de la veille, n'y prêtant pas trop attention (toujours le général), et là, je m'étonne de l'agitation que provoque mes propos. C'est que c'est compliqué de retirer des dollars, me dit-on, il faut soit changer les pesos dans un bureau de change, soit aller à ta banque, les distributeurs automatiques, cela ne marche pas. 
"D'accord, et quels sont les horaires des banques ?" ai-je alors demandé, pas véritablement ébranlée car de toute manière je peux toujours retirer une partie aujourd'hui et l'autre demain (malgré tous les efforts de mes parents, il n'est pas possible de retirer tout en même temps).
"De 10h à 15h, mais pas le week-end." me répond-on.
Et là, c'est ce qu'on appelle une "attaque par derrière". Je crois que je ne comprendrai jamais rien à ce rythme argentin... Comment se fait-il que dans une mégapole comme celle-ci, qui semble être éveillée 24h/24, où les taxis et bus roulent toute la nuit, les banques aient des horaires d'ouverture si restreints ? Quel est ce paradoxe ? Là, les banques marquent un point, me voilà obligée de reculer mes tranchées de 50 mètres. Vu l'heure (13h15), j'étais même prête à signer l'armistice. Mais non, je me lance dans une dernière attaque désespérée, et fonce dans un taxi pour aller à Supervielle Banco, succursale de la-banque-en-noir-et-rouge-dont-je-ne-dirai-pas-le-nom. Enfin, foncer... Disons plutôt s'engouffrer dans le trafic surchargé de l'avenue Corrientes. 
"Vous pouvez retirer 2000 pesos aujourd'hui, mais il faudra attendre lundi pour le reste." me dit-on là-bas. 
"Mais je veux des dollars, idiot !" lui réponds-je. Enfin non, en fait je m'écrase et perds encore du terrain au niveau des tranchées.
"Pour retirer des dollars, il faut un compte ici. - Mais j'en ait un ! - Hé non mademoiselle, maintenant cette banque est indépendante de la mère française. Il faudra aller au bureau de change qui est en face" explique le monsieur, avec cet air faussement désolé des banquiers. 
Première file d'attente du type Sécurité sociale pour les pesos, puis deuxième file d'attente en face pour les dollars. Un monsieur s'impatiente. "C'est parce que c'est l'heure du déjeuner" explique une des deux hôtesses, qui doivent se charger à elles seules de la trentaine de clients. Je regarde ma montre. 15 heures. Ah ben oui, forcément...
Après toutes ces péripéties, je fais un peu moins la fière en marchant dans la rue. Non seulement je n'ai que la moitié de ce que je dois donner, mais en plus cela ne me rassure pas, mais alors pas du tout, de me promener avec autant d'argent liquide. Heureusement, c'est l'hiver, et mon visage crispé peut tout aussi bien exprimer la lutte engagée contre le froid. 
De retour au stage, je vois un message de Julia, qui dit qu'elle non plus n'a pas pu retirer les dollars. La partie était quasiment perdue, je m'apprêtais à signer l'armistice pour déménager lundi au lieu de dimanche (pas grand chose me direz-vous, mais à deux jours de l'ouverture du festival, il y a certainement mieux à faire lundi que de passer deux heures dans les banques puis de déménager).
Sauf que dans une guerre, ce qui fait gagner, ce ne sont pas les victoires militaires - comme celle entre les banques et Kerjul - mais un changement de contexte. J'appelle le propriétaire, et je ressors mon argument choc qui avait déjà servi face au videur de la boîte qui me demandait mon passeport : "Oh-pardon-je-savais-pas-je-suis-française". Là en l'occurrence, la petite variante portait sur les horaires d'ouvertures des banques. Si bien qu'à force de gémissements et autres négociations, le proprio a fini par accepter qu'on paye les 3/4 manquants en pesos. Et le voici, le changement de contexte qui fait gagner une guerre !
YES. Cependant je ne crie pas victoire trop vite, car demain il va falloir retirer les pesos manquants, et peut-être que les banques, mises à l'agonie, consacreront leur dernier effort à nous barrer la route. Un peu comme Madame Marchal qui aurait passé les dernières minutes de sa vie à écrire avec son sang "Omar m'a tuer". 
Ce ne serait que le troisième faux départ, après tout.

PS : Toujours aussi longs les articles, pourtant je vous assure que cela n'est pas mon intention au départ !

mardi 23 août 2011

Et la nuit porteña ?

J'ai entendu beaucoup de choses sur les habitudes des porteños (nom donné aux habitants de Buenos Aires). 

Si j'ai pu constater certaines manies par moi-même - comme celle de boire du maté toute la journée - d'autres n'étaient jusqu'alors que de simples rumeurs que je brûlais d'envie de confirmer. Par exemple, comment cela se fait-il qu'ici les gens ne commencent pas à travailler avant 10h30 (et encore, à mon stage il arrive qu'il n'y ait personne avant midi) ? Comment cela se fait-il que le week-end, quand je déjeune à 14h30 - ce qui est déjà tard pour nous autres français - certains habitants de la résidence n'en sont qu'à leur petit-déjeuner ?
Beaucoup d'indices sous-entendaient que la noche porteña était intense... Très intense. Jusqu'alors, je ne pouvais que le deviner. Certes, j'avais tâté un petit peu le terrain lors du premier week-end avec les français rencontrés dans l'avion. Rentrés à 6h du matin, nous nous étions rendus compte qu'il était de toute manière difficile de faire autrement. Nous avions pourtant choisi le bar/club le plus "proche" selon le guide... Une heure de marche pour l'atteindre. Dans ces cas-là il vaut mieux rentabiliser le déplacement.
Mais depuis ce premier contact, rien. Le rythme stage-visite-dodo (entendez "visite d'appart" bien sûr) ne me donnait ni la force ni l'envie d'affronter l'hiver argentin pour aller danser. Toutes mes phrases se construisaient de la même manière : "Quand on aura trouvé l'appart on pourra faire ci ou ça".
C'est maintenant chose faite ! L'appart en poche, le cœur léger, le sourire aux lèvres, l'esprit libéré de toute préoccupation, j'ai enfin pu me consacrer à une de ces fameuses nuits porteñas.

C'était pourtant mal parti au départ. Enthousiasmées à l'idée d'assister à un show d'électro-tango en fin d'après-midi, nous ne nous sommes rendues compte qu'en chemin que Technopolis - lieu du spectacle - se situait loin. Très loin... Après avoir pris un bus, un train puis un autre bus, nous sommes arrivées 1h30 après. Trop tard, c'était fini. 

Je crois que nous commençons (à peine) à comprendre que ce n'est pas parce qu'un événement a lieu à Buenos Aires qu'il est proche et accessible ! Buenos Aires fait trois fois Paris, il serait temps de l'intégrer. Heureusement, nous n'avons pas perdu notre temps pour autant, car Technopolis ne se résume pas à une salle de spectacle. Etrange impression que d'arriver dans cette mini-ville, qui fait figure de centre d'attractions pour enfants et de vitrine des avancées scientifiques, agricoles et technologiques de l'Argentine. Ici se côtoient tracteurs high tech, spectacles scientifiques, DJ d'électro, skateparc, dinosaures empaillés, personnages futuristes et fast-food pour nourrir les très nombreux visiteurs.

Je n'allais d'ailleurs pas tarder à rejoindre les dinosaures empaillés en tant qu'humain congelé sur place pour cause de température très basse (ceci-dit pour les enfants je pense que cela peut être intéressant)aussi nous avons fini par rentrer. Après cet épisode, je pensais passer le reste de la soirée dans mon lit avec trois pulls et un chocolat chaud, songeant à tous les français qui eux, meurent de chaud - pas forcément mieux me direz-vous. 
Mais Julia, qui est toujours au courant de ce qu'il y a à faire dans cette immense ville, a réussi à me sortir de ma léthargie au moyen des simples mots "soirée Balkanika Sounds" et de quelques vidéos Youtube pour illustrer l'idée. Et hop, quelques minutes plus tard, nous étions de nouveau en train de traverser la ville en bus. Et une fois de plus, nous n'imaginions pas que c'était si loin... 
A l'arrivée, une longue file d'attente, et chaque carte d'identité scrutée à l'entrée par un videur aussi grand que large. Et merde... J'avais laissé le passeport à la résidence. Je nous voyais déjà rentrer bredouilles, refoulées à l'entrée, mais l'avantage d'être étrangère c'est que le coup de "oh-pardon-je-suis-française-je-savais-pas-laissez-moi-passer-siouplaiiiit", accompagné des yeux de Chat Potté, a le don d'adoucir n'importe quel videur. Et heureusement ! Temps d'arrêt à l'entrée, au moment de découvrir les lieux. La discothèque est en réalité... Un théâtre. Avec rideaux rouges, scène, et mêmes les petits balconnets autrefois dédiés aux plus aisés. Et tout cela étrangement mêlé aux traditionnels bars et lumières disco. Quant au public, lui aussi ne semble pas coller avec l'image traditionnelle du public de boîte de nuit. Dreadlocks, chapeaux, pantalons amples, mais aussi moustache rétro et porteños branchés. Pas trop de minettes en jupe ras-les-fesses ni de vieux beaufs à la recherche de conquête d'un soir. Tant mieux.
Et dans cet étrange décor, de la musique balkan. Un DJ aux accents slaves, mais aussi deux groupes de musique qui ont transporté la foule toute la nuit avec leurs accordéons, guitares et cuivres. Comme une impression de festival, mais en hiver, dans un théâtre-discothèque. Inutile de préciser que moi aussi, j'ai été transportée. Dans les deux sens du terme d'ailleurs, transportée par la musique mais aussi par les mouvements de la foule qui sautait plus qu'elle ne dansait ! Les cinq épaisseurs enfilées pour affronter le froid hivernal se sont vite avérées superflues. Au moment de partir, aux alentours de 6h, la foule ne désemplissait pas, et dans le bus du retour non plus, mêlant à la fois fêtards s'en allant rejoindre leur lit et travailleurs à l'aube d'une nouvelle journée. Cette fois-ci je faisais donc partie des gens allant rejoindre leur lit, et j'ai donc moi aussi pu expérimenter le petit-déjeuner à 15h30 suivi d'un déjeuner/dîner à 19h30. Et ma foi ce n'est pas désagréable !
Si beaucoup de mégalopoles méritent le surnom de "la ville qui ne dort jamais", je pense qu'il est aussi amplement justifié pour Buenos Aires ! 
Et pour conclure tout cela, un aperçu du groupe Shabatones qui a ô combien animé cette soirée.


vendredi 19 août 2011

Free n'a pas tout compris





J'en étais déjà convaincue auparavant, mais j'ai une fois de plus la preuve que Free n'a pas tout compris.
Pourquoi ? Parce que si je publie ce blog deux semaines après mon départ, c'est en partie par sa faute... Evidemment, si je n'avais pas voulu faire ma maligne en créant un blog à partir d'un logiciel, cela ne serait pas arrivé non plus.
Bref, après deux semaines de lutte acharnée entre moi, skype, mon père et Free, nous en sommes arrivés à la conclusion que... Il n'était pas possible d'héberger un site chez free depuis l'étranger. Free n'a pas tout compris, Free n'a pas compris que je n'étais pas un hacker/pirateur/autre mais simplement une étudiante en mobilité qui veut partager l'expérience !
Retour à la case départ, je m'en vais donc faire comme tout le monde et créer un blog à partir d'une plateforme gratuite, comme tout le monde.
Pour les articles suivants, il faut considérer qu'ils ont été écrits au fur et à mesure depuis trois semaines maintenant. Hé oui, cela fait beaucoup de lecture d'un seul coup ! 
Merci Free !
Voici une capture d'écran de ce qui aurait pu être l'enveloppe de ce blog, mais qui ne le sera finalement jamais...
PS : Finalement Blogger me permet de tricher et de changer la date des articles, comme ça, ni vu ni connu, ce blog existe bien depuis trois semaines, oui Monsieur.

mercredi 17 août 2011

Le parcours du combattant

C'est un titre un peu pompeux mais je trouve qu'il reflète bien la situation. Car il faut de l'endurance, de la patience, de la précision... pour trouver un appart ! Deux semaines à Buenos Aires et toujours pas de logis fixe. Bon, d'accord, je dois avouer que si j'avais un peu moins fait la difficile et l'indécise, je serais déjà installée quelque part... Malgré tout, j'ai envie de reprendre la comparaison que fait Romain Duris avec les poupées russes dans le film qui porte le même nom. Il dit : 
"Je me suis dit qu'elles étaient comme des poupées russes. On passe sa vie entière à jouer à ce jeu-là. On est curieux de savoir quelle sera la dernière, la toute petite qui se cachait dans toutes les autres depuis le début. On ne peut pas l'attraper directement, il faut suivre un cheminement, il faut les ouvrir, l'une après l'autre, en se demandant à chaque fois... Est-ce que c'est elle la dernière ?"

Sauf que Xavier parle de filles, et que mes poupées russes à moi, ce sont les apparts. Je ne sais même plus combien j'en ai visité. Depuis le premier, le pire de tous - en mode "j'habite dans une cave sans fenêtres éclairée par des néons et la chambre que je propose ressemble à une chambre d'hôpital" - jusqu'au dernier, maison de rêve dans quartier de rêve, mais qui m'est passée sous le nez car la fille a "finalement décidé de rester plus longtemps". Mais il faut bien passer par là ! Je ne peux pas trouver la toute petite poupée dès le début. Et quand je la trouverai, je saurai l'apprécier d'autant plus.


Au début je logeais là, dans l'auberge de jeunesse. Vu de l'extérieur, ça a l'air classe, mais il ne faut pas se fier aux apparences... A l'intérieur, dortoir pour 10 personnes. La seule intimité possible se trouve dans les toilettes (et encore, quand la porte ferme) car mêmes les douches ne sont séparées que par un maigre rideau plastifié. Evidemment, j'exagère, car il n'y a jamais eu plus de 5 personnes dans le dortoir, et je n'ai pu admirer les fesses de personne lors de la douche (en revanche je ne peux confirmer la réciproque). J'ai tenu dix jours dans cet endroit. Pour les rencontres c'est sympa, pour dormir moins. Et ça tchatche, et ça écoute de la musique jusqu'à tard le soir, et quand l'humain commence à fatiguer, la rue prend le relai avec un trafic routier assez intense ! Je veux bien être sympa, mais à un moment la fatigue prend le dessus et il n'est plus possible de faire quoi que ce soit. 
Malgré tout, je bénis cet endroit, car grâce à lui, j'ai rencontré Julia, une jeune étudiante brésilienne venue à Buenos Aires pour 5 mois, et aussi à la recherche d'une chambre. Le contact est tout de suite passé. Très vite, c'est devenue ma compagne de sorties et de recherches d'appartement. 
Nous nous sommes rapidement rendues compte que chercher DEUX chambres libres dans une colocation s'avérait plus compliqué, mais comme nous ne pouvions nous résoudre à laisser passer une amitié si prometteuse, nous avons décidé de nous poser dans un endroit plus calme le temps de trouver notre bonheur. C'est ainsi que nous avons atterri dimanche dans une résidence étudiante. Moins d'allers et venues que dans l'auberge, plus d'espace, une vraie cuisine avec de vrais ustensiles. Mais ce n'est pas encore le grand luxe : 20 personnes qui se battent pour trouver une place dans le frigo, des douches qui se résument à un pommeau accroché au mur des toilettes (ce qui signifie que tu arroses la cuvette quand tu te douches), et toujours des gens qui parlent. 
MAIS depuis hier soir, je dispose d'une chambre individuelle, et ça, c'est le pied !
Elle est belle, hein ? Bon, d'accord, c'est modeste, la fenêtre donne sur le couloir et j'entends toutes les conversations de la cuisine... mais vous n'imaginez pas le bonheur de pouvoir enfin déballer sa valise ! 
Cette fois-ci je peux vraiment le dire : je suis à Buenos Aires ! 









Enfin, je devrais plutôt dire "nous sommes à Buenos Aires".... La Fleur et moi. Prêtes à croquer la ville à pleines dents.

lundi 8 août 2011

Empañadas et tentatives culinaires

Cela fait 5 jours que je suis arrivée, et je crois qu'à ce rythme-là, d'ici quelques mois, je ne pourrais plus voir mes pieds tellement mon ventre aura gonflé sous l'effet des empañadas, pizzas et autres mets gouteux mais gras.

Disons que tant que je suis à l'auberge de jeunesse, c'est un peu la guerre pour manger. Il faut dire qu'à deux pas, il y a un espèce de fast food ouvert à n'importe quelle heure, où l'empañada est à 4,50 pesos, soit même pas 1€... Et elles sont bonnes en plus. C'est mal, trèèèès mal.
Heureusement, à côté du stage, il y a un petit chinois végétarien (oui oui, l'association des deux termes est plutôt étrange) très sympa et barrato, ça compense les empañadas.
Normalement, c'est possible de cuisiner à l'auberge. Normalement. Car en fait, même cuisiner un plat basique relève de l'exploit. Je voulais faire des pâtes. Juste des pâtes... J'arrive dans la cuisine et j'essaie de repérer une casserole. Déjà, ça s'annonce compliqué. QUE des ustensiles taille XXL (et à moitié rouillés, bien sûr). Etrange, d'autant plus que la plupart des gens qui viennent ici ne cuisinent que pour eux seuls. Bref, le seul ustensile à taille raisonnable que je trouve s'avère être... une bouilloire pour le thé, avec bec verseur. J'ai donc fait chauffer mon eau là-dedans. Deux minutes plus tard, je manquais de faire crâmer le torchon que j'utilisais pour saisir le couvercle de la bouilloire afin d'y mettre les pâtes.

Faire cuire des pâtes dans une bouilloire pour le thé, vous le saurez maintenant, ce n'est pas un bon plan. L'eau manque à chaque instant de déborder, et une fois que tes pâtes sont enfin cuites et que tu vides l'eau, tu te rends compte qu'il y a UNE pâte qui reste coincée dans le bec verseur. Et là bonjour pour l'enlever. Malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi. Tant pis, le suivant boira un thé à la pâte. Je suis sûre que c'est innovant. Il pourra me remercier en temps voulu, quand il aura décidé de lancer une nouvelle gamme de thé.
Après avoir brûlé le torchon, détraqué la bouilloire et à moitié cassé l'ordinateur (qui a dû se réinitialiser 6 fois avant de fonctionner, et il en garde encore des séquelles), je me demande comment les responsables de l'auberge de jeunesse ne m'ont pas encore mise à la porte.
Dans tous les cas, il faut vraiment que je trouve un appart, culinairement parlant, cela devient urgent !

jeudi 4 août 2011

J+2 à Buenos Aires

Deux jours se sont déjà écoulés depuis mon arrivée à Buenos Aires, et je trouve enfin un peu de temps pour me poser !
Le périple a commencé dès mardi, 14h, à l'aéroport Toulouse-Blagnac. Après l'échec cuisant de la semaine dernière, c'est en retenant mon souffle que je me suis présentée à l'enregistrement, prête à dégainer si jamais la pauvre fille avait eu la malheureuse idée de m'empêcher de partir. Elle a dû sentir que je n'étais pas d'humeur à voir mon voyage ne serait-ce que menacé pendant quelques secondes, car elle effectua l'opération en un temps record. Ouaiiiis, première étape ! Plus que... Heuu, en fait, autant ne pas compter.

Vient ensuite le dernier coucou à une maman en pleurs, soutenue par les copines d'enfer qui, après avoir consolé la fille désabusée par son faux départ la semaine d'avant, jouent maintenant la carte de la comico-dédramatisation auprès de la mère émue par le vrai départ. 
Si je devais résumer le vol Toulouse-Paris en un mot, je dirais "pleurnichard". Pas moi, hein ! Je pense plutôt aux sales gosses qui ont décidé de m'encercler pour gâcher la minute émotion du décollage où tu te dis "voilà, on se revoit dans 5 mois, Toulouse". Donc pas de minute émotion, mais par contre de longues minutes d'attente à Paris Charles de Gaulle. Ce sera d'ailleurs l'occasion de faire ma dernière boulette française. En effet, quand enfin arrive l'heure de l'embarquement, je me précipite tellement dans l'avion qu'une fois à l'intérieur, je m'aperçois que... Hé meeeeerde, mon livre ! Resté sur le banc où j'avais attendu trois plombes, évidemment (ça rappelle vaguement une histoire de Gala et de sac resté sur le bord de la route, ahum).
Sauf qu'entre temps, ils avaient changé mon billet pour une place en classe affaires, et comme ils sont toujours serviables les hôtes de l'air (oui, au masculin, je sais plus comment on dit), le monsieur m'a gentiment laissé chercher mon livre. Mais la classe affaire, waouh, quoi ! A peine installée qu'un autre gentil monsieur me tend un plateau où sont disposés des verres. Jus d'orange ou jus de pomme ? Je prends le jus d'orange mais ce n'est que quelques secondes plus tard que je comprends que les autres verres contenaient plutôt... du champagne. Merde, raté. Au milieu de tous ces gens embourgeoisés buvant du champagne comme du petit lait, je repère un autre intrus qui, comme moi, ne semble pas habitué à autant de luxe. Il retient presque un cri d'étonnement quand, après avoir appuyé sur un bouton, une télé sort de son accoudoir. Comme il a l'air plutôt jeune et parlant français, je décide qu'une fois arrivée j'irai lui parler. Car pour l'instant je ne peux pas, il y a un gros hollandais bouffant le foie gras avec les doigts (sans pain !) entre nous. Les sièges étant à la taille XXL et inclinables jusqu'à atteindre une parfaite horizontalité, j'ai pu dormir comme une petite reine et voir les 13h de vol passer assez vite.

Mercredi matin, 7h30, heure locale, je sors de l'avion et demande au jeune français s'il prend le taxi. En fait, il ne sait pas, et n'a pas l'air de savoir grand chose de ce qu'il va faire à part le fait qu'il attend que son pote atterrisse avec un autre avion, une demi-heure après. Le temps de récupérer les bagages et d'attendre pour la douane, c'est ainsi que je fais la connaissance de Dorian et Romain, partis pour un mois de road trip en Argentine. Nous voilà tous les trois embarqués dans un taxi pour rejoindre le centre. Le taximan est plutôt bavard, sauf qu'au lieu de parler de la pluie et du beau temps, il me parle... d'économie. Et comme si ça ne suffisait pas, il me demande comment va l'Europe économiquement !
"Ecoute mon coco, lui ai-je dit, déjà que j'aime pas l'économie en français, alors en espagnol, et avec votre accent bizarre, c'est même pas la peine d'y penser !"
Enfin, j'aurai aimé lui dire ça, mais en fait j'ai baragouiné vite fait un truc, plutôt occupée à le voir doubler tout le monde par la droite, en roulant sur la bande d'arrêt d'urgence. Et encore, ça, c'était sur la rocade. Une fois en ville, c'est tout naturellement (tout en continuant de pester sur les banquiers) qu'il zigzaguait entre les voitures sur des avenues à cinq voies (maman, pas de crise cardiaque, tu connais mon sens de l'exagération !). Ah ouais, quand même ! Mais bon, au moins il nous a déposé à l'auberge de jeunesse (que les deux autres ont décidé de rejoindre aussi) et sans nous arnaquer.
A l'auberge, à peine le temps de se familiariser avec les lieux que je dois déjà songer à regagner mon lieu de stage, pour midi. Oui, car celui-ci aurait dû commencer deux jours plus tôt... Une douche, échange de numéros et de bons procédés avec les français, et hop, direction le stage ! Je me retrouve devant une grande porte d'entrée avec une vingtaine de boutons d'interphone, sans noms. Génial... Un vieux couple sort pile au bon moment, me permettant de rentrer et de découvrir un grand hall et un ascenseur très... old style, disons. Genre tu ouvres une première grille grinçante, puis une deuxième pour entrer dans l'ascenseur, tu fermes et le tout s'élance jusqu'au 6ème étage au moyen de boutons d'un doré assez vieillot. 
Accueil haut en couleurs, au stage. Cinq personnes se jettent sur moi, me donnent de grandes accolades et me bombardent de questions. Après les premières effusions, je m'installe devant l'ordinateur qui m'est destiné et je vois que j'ai déjà trois mails qui me sont directement adressés, par un certain Sam... On ne peut pas dire que l'après-midi soit passée vite, j'ai surtout employé mes forces à lutter contre le froid et la fatigue. Car je suis dans un bureau avec Fernando qui fume à longueur de journée et qui aère donc la pièce au moyen d'une fenêtre qui se trouve... juste au-dessus de ma tête.
En sortant, à 17h (soit 22h en France) j'ai pu me goinfrer des premières empañadas argentines car je n'avais finalement rien mangé depuis l'avion le matin.  Quelques bières avec les français au café de los angelitos et DODO. Je pense que même si l'immeuble d'en face s'était écroulé, cela ne m'aurait pas réveillé.
Here we are !