jeudi 28 juillet 2011

Première galère à... Toulouse !

A cette heure-ci, je devrais normalement être en train de gambader joyeusement dans Buenos Aires, les yeux étincelants d'excitation, prête à capter tous les détails de la ville dans laquelle je passerai 5 mois. Oui oui, je romance un peu, c'est pour accentuer le côté mélo-dramatique de ce qui va suivre, j'aime bien ce côté tragédie grecque qui t'annonce d'une voix de bande-annonce hollywoodienne "C'est ton destin" (suivi de tatatataaa).
Sauf que... Je suis encore à Toulouse. 
Hier, je débarquais à l'aéroport toute guillerette, contente de démarrer enfin l'aventure. Malgré tout, j'étais consciente que j'allais certainement connaître des galères... Et je ne croyais pas si bien dire, elles arrivèrent bien plus tôt que ce que je pensais.
A l'enregistrement, je tendis toute fière mon billet d'avion et mon passeport. Je perdis bien vite le sourire quand l'hôtesse d'Air France me demanda mon visa. J'avais vérifié l'information il y a quelques mois, ce n'était plus très clair dans ma tête, mais il me semblait bien qu'il s'obtenait une fois sur place, et se prolongeait au bout de trois mois. Sceptique, elle partit vérifier l'information, pendant que je lançais des regards de détresse à mes parents, qui commençaient à regretter de m'avoir laissé gérer ça toute seule.
"Certains pays délivrent bien des visas sur place, mais ce n'est pas le cas de l'Argentine. Vous devez avoir votre visa avant de partir." déclara la bonne femme au retour, sans manifester la moindre compassion à mon égard, malgré le fait que je me sois subitement transformée en mollusque pâlichon incapable de parler.
La suite, je ne la compris pas vraiment. On nous parlait d'aller au comptoir d'Air France pour changer le billet d'avion, puis d'appeler l'ambassade pour demander un visa en urgence. J'entendais tout ça, mais je ne l'intégrais pas. Dans ma tête, il fallait que je parte, aujourd'hui, et ça n'était pas possible autrement. 
Je suivis le mouvement vers le fameux comptoir d'Air France, complètement sonnée. Je voyais mon père négocier pour changer le billet qui, à la base, n'était pas modifiable, mais je n'écoutais pas, sans quoi je me serai sûrement jetée sur son interlocuteur pour l'étrangler (rien que ça, oui). 
Pendant ce temps, je cherchais désespérément dans mes mails quelque chose qui aurait pu montrer que le visa s'obtenait sur place. Mais rien, j'avais lu l'info sur internet, et je n'avais pas internet. 
"C'est bon, le billet est changé, tu pars le 2 août, mardi prochain." me dit mon père. C'est à ce moment-là que j'ai percuté que réellement, je ne pouvais pas partir là-maintenant-tout-de-suite. Dur. Très dur. Heureusement que Julie et Marie-Lys, qui étaient à la base venues pour me voir partir, ont compris qu'il fallait enclencher la-machine-à-dire-des-conneries pour m'arracher un rire de temps en temps, au milieu des sanglots.
A ce moment-là, le faux départ était d'autant plus cruel que je pensais qu'il avait lieu par ma faute. Comment avais-je pu passer à côté d'un truc aussi énorme ? De retour à la maison, je regardai ma mère appeler l'ambassade, les seuls mots que j'arrivais à dire n'étant que des insultes ou des vulgarités. Mon taux de vulgarité ne fit qu'augmenter quand je vis ceci sur le site de l'ambassade d'Argentine :

Tous comptes faits, le problème venait de là :

Et allez, retour à l'aéroport pour essayer de modifier le billet retour. Une fois de plus, j'ai laissé mes parents agir avec tact et diplomatie afin de ne pas leur crier à la figure "Sans votre connerie j'aurai pu partir espèces de msliejfsmoijmlkfse". La gentille msliejfsmoijmlkfse nous a gentiment changé le billet retour (au moyen d'une gentille carte bleue, tout de même).

Il ne nous restait plus qu'à improviser un petit restau afin de fêter mon joyeux non-départ, à l'image du joyeux non-anniversaire dans Alice au Pays des Merveilles !




Allez, c'est pas si grave, on remet ça le 2 août !
(C'est marrant, il m'a toujours fait peur, ce dessin animé, je comprends mieux pourquoi maintenant)


mardi 26 juillet 2011

Prête ?

"Alors, tu te sens comment ?" me demande Justine.
- J'ai faim !
- Bon, ça va, alors, ça veut dire que t'es prête pour partir."
Prête, vous avez dit prête ? Mais oui, bien sûr que je suis prête. J'ai encore une partie de mes affaires qui essaie difficilement de sécher sur les radiateurs de la maison - car oui, le 26 juillet à Toulouse il fait un temps de chiotte, et ce depuis quelques jours, ce qui n'aide pas pour la grande lessive pré-mobilité.
A part ça, la valise est presque pleine. Je sais pas, j'imagine que c'est parce que j'aime bien ce petit suspense de dernière minute pour savoir si oui ou non, tout rentrera, et si, oui ou non, le tout pèsera bien 23 kg en soute + 12 kg en cabine.
"Et t'as combien d'heures de vol ?"
Heuuu... Joker ? Oui, en fait, je crois que dans ces cas-là, il ne vaut mieux pas compter. Déjà, dois-je inclure les 5h où je poireaute à Paris Charles de Gaulle entre les deux vols ? Ensuite, arrivée à Buenos Aires, à 7h55, heure locale, dois-je considérer que je suis toujours en transit tant que je n'aurai pas posé mes deux fesses chez Florian qui m'accueille gentiment chez lui ? (à noter d'ailleurs qu'il a cours toute la journée, haha)
Petite note à l'attention de Maman : si jeudi je ne donne pas de signe de vie avant minuit, heure française, c'est normal, attend un peu avant de lancer un avis de recherche et de créer un incident diplomatique. Merci.
"Du coup, vu que tu dois attendre le soir, tu vas faire quoi de la journée ?"
Mince, j'ai déjà grillé mon joker. Disons qu'en ce jour pluvieux du 26 juillet, je n'ai pas grand chose d'autre à faire que de passer l'après-midi à réactualiser mes mails dans l'espoir d'une réponse de ma tutrice de stage qui me dirait : 
"Mais bien sûr, Juliette, tu peux poser tes bagages au bureau pour ne pas être encombrée toute la journée ! Comme ça, tu pourras découvrir Buenos Aires les mains libres ! Avec le décalage horaire dans la tronche, certes, mais les mains libres ! Besos, cariños, smouack smouack, super genial, peace, love, flex"
(oui oui, les argentins débordent de tendresse, même dans les mails soi-disant professionnels)
Vu l'heure, pour l'instant, j'ai bon espoir. Allez, les argentins ne sont pas très matinaux, on va leur laisser le temps de se décoller leurs petits yeux endormis.
Vous voyez, je suis prête ! J'ai même potassé un peu le Guide du Routard pour bannir certains mots de mon vocabulaire. Exemples :
- Le verbe coger signifie prendre (prendre le bus par exemple) en espagnol. Sauf que ces coquins d'argentins, eux, l'utilisent vulgairement pour dire baiser ! (faire l'amour, oui oui)
- le verbe levantar (lever, se lever) est utilisé pour dire draguer...
Sinon, j'ai appris qu'il existait des "Love Hotels" (albergues transitorios pour être moins explicite...) pour les "jeunes couples dont les parents puritains ne veulent pas abriter les amours sous leur toit". Mais aussi pour "les aventures extra-conjugales ou les couples mariés qui veulent pimenter leur vie sexuelle"...
Voilà, le ton est donné. Caliente !

dimanche 24 juillet 2011

Dis-moi comment tu fais ta valise et je te dirai qui tu es

Nous sommes à J-3 du vrai départ. 
La fleur frétille d'une manière qui montre que nous sommes déjà presque parties. Elle regarde s'entasser sur le lit tout ce qui doit être emporté. Ou du moins, ce qui devrait être emporté dans l'idéal, si le poids et la taille de la valise n'entraient pas en jeu. Car oui, il faut bien faire des choix. 
Que préférer, les affaires de sport ou les chaussures à talons pour sortir ? Et si on prenait de quoi faire de la randonnée ? Et de la natation ? On prend des draps, au cas où ? Des bouquins ? Et mon chapeauuu ? Oh mon dieu, j'allais oublier le pull rennes !
Pour l'instant, rien de tranché. Tout est là, sur le lit, et ça déborde de partout. Demain se livrera une bataille sans merci. Je ne sais pas encore qui en sortira vainqueur et qui restera sur le carreau, mais l'issue sera certainement cruciale. Elle consacrera certainement le titre de ce premier article (suite au prochain épisode, haha).