jeudi 1 septembre 2011

Rouli l'assistant-pompier

Un mois. Cela fait tout juste un mois que je suis à Buenos Aires. Il s'est passé beaucoup de choses, et en même temps... pas tant que ça. Je me rends compte que la recherche d'appartements a presque viré à l'obsession - la preuve c'est un thème qui se retrouve dans chaque article - si bien que je n'ai pas pris le temps de raconter autre chose. 
Vous l'aurez remarqué, je préfère les articles à thèmes plutôt que les articles chronologiques, qui raconteraient ce que je fais jour par jour, heure par heure. J'ai le goût de l'anecdote, alors je préfère sacrifier une partie de l'histoire pour concentrer tous mes efforts sur la narration de ladite anecdote. J'ai bien dit narration, aussi je tiens à préciser que j'ai une forte tendance à l'exagération et qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre ! Il m'arrive aussi de modifier la chronologie, simplement parce que cela m'arrange dans l'écriture. Enfin bon, pas de panique, tout ce qui se trouve ci-dessous est bel et bien basé sur des faits réels ! Je vous aurait bien eu si ce n'était pas le cas, haha ! D'accord, j'avoue, je n'osais pas dire que je n'avais pas trouvé de stage, alors j'ai voulu faire tout comme...
Tout ce préambule pour expliquer que dans ma tête se bousculent plein d'idées d'articles et que je ne sais par où commencer. Ah, il faudrait que je parle du stage tout de même. Oh et puis le tango aussi ! Et puis aussi...
C'est à ce moment-là qu'il faut allier article à thème ET chronologique. C'est aussi à ce moment-là qu'il faut me dire "Bon stop les réflexions du type bloggueuse influente, accouche sinon j'arrête de lire". (Mode private joke enclenché, oui Alex il fallait bien que j'utilise le terme !)
Demain, jeudi 1er septembre, commence le festival de cinéma Nueva Mirada, para la Infancia y la Juventud


Ouais, cool, et c'est quoi le rapport ?
Le rapport, c'est que je fais justement mon stage au sein de cette association, en tant qu'assistante de programmation. Alors c'est un titre qui déclenche généralement toutes sortes d'exclamations. Waah, la classe ! Oh ça doit être super intéressant ! Mais c'est un festival de ciné... pour enfants ? Le problème c'est que je me suis rendue compte qu'énormément de gens sont venus en Argentine pour étudier le cinéma, si bien qu'il m'est arrivé très souvent de tomber sur des cinéphiles qui croient par conséquent nécessaire de me tenir la jambe pendant une demi-heure pour me parler de je-ne-sais-quel-courant-élitiste-de-cinéma, ponctué d'un "C'est étonnant que tu connaisses pas, c'est français pourtant !". 
Alfajor, l'ennemi du régime selon le Routard
Concrètement, il ne faut pas croire que j'ai eu à moi toute seule le pouvoir de choisir les films du festival. Je suis un peu arrivée après la bataille, toute la programmation était faite. Jusqu'alors, on ne peut pas dire que j'ai eu des tâches à grande responsabilité. Je vous rappelle, vous qui avez peut-être des étoiles scintillantes dans les yeux en lisant les mots "festival de cinéma", que dans toute association il y a des tâches ingrates. La polyvalence, tel est le maître mot. Un jour tu as une personne très influente au téléphone (enfin pas moi, hein) et le lendemain tu te retrouves à porter un million de cartons - contenant des alfajores, sucrerie locale qui sera distribuée aux enfants - parce qu'il n'y a personne d'autre pour le faire. Du coup, moi je n'ai pas de personne influente au téléphone, mais par contre je porte les cartons, oui ! Mais c'est sympa, ça rapproche l'équipe ! J'ai appris à l'occasion que celle qui est sensée être ma tutrice de stage est en fait détestée par les autres membres. Et la présidente, je ne vous dis même pas... Les insultes fusent de partout, et elles sont tellement grossières que je n'ose pas les répéter ici. Je crois que c'est parce qu'elles se contentent d'avoir les ambassadeurs au téléphone et de disparaître subitement quand il faut porter des cartons. 
Enfin, heureusement, je crois qu'ils m'aiment bien. Je suis la petite française qui ne comprend pas tout, qui sourit à tout le monde, un petit peu bébête par moments mais pas bien méchante. La petite protégée, quoi. J'ai eu le droit à plein de petits surnoms. Ma tutrice m'appelle à tour de rôle, corazontesoroamor... Le doyen de l'association me dit tout le temps "Que tal linda/hermosa ?" ou toute autre expression qui pourrait faire penser que je me fais draguer par un mec de 70 ans. Les autres se contentent de Chouliette ou d'un diminutif comme Juli (à prononcer Rouli), bien qu'ils aient laissé tomber ce dernier, constatant que j'avais du mal à me reconnaître comme la chose qui roule-y-roule - ceci-dit encore quelques alfajores et cela devrait pouvoir être le cas.
Aujourd'hui, veille du festival, les assistants de salle sont venus au bureau pour récupérer les 150 DVD que j'avais gravé pour les projections du festival. Fernando les briefe et j'écoute gentiment sans rien dire, comme souvent. J'ai cependant réprimé un sursaut en entendant : 
"Ici vous avez le numéro de Juliette qui va rester au bureau demain pour graver les derniers films. En cas d'urgence vous l'appelez."
Qu... Quoi ? Moi, le pompier de tous ces gens-là ? J'ai eu du mal à garder un sourire naturel quand les regards se sont tournés vers moi. Sur le coup, je devais ressembler à ça :
Sourire ultra-naturel
J'avais pourtant déjà été bien déstabilisée quand Fernando m'avait chargée d'appeler Machine pour savoir si l'original de Un barco al Africa était prêt, et si oui, d'envoyer une moto le chercher, puis de le graver, et tout ça toute seule - oui parce que jusque-là j'étais plutôt l'assistante-assistée il faut l'avouer. Mais ce premier signal ne m'avait pas alertée plus que cela de la future promotion au rang d'assistant-pompier. D'autant plus qu'aujourd'hui j'ai reçu mon beau badge qui titre fièrement "Juliette Kerjean, assistante de programmation". Je crois que je ne pourrai plus marcher demain tellement mes chevilles auront enflé.
Sur ce, je vais me coucher, car Rouli-l'assistante-pompier doit se préparer psychologiquement à cet accroissement soudain de responsabilités.

Enfin, responsabilités...

5 commentaires:

  1. M'est avis que ce surnom de Rouli va rester dans les annales et revenir à Science Po !

    Sinon, bienvenue dans le monde du travail avec ses vrais fainéants qui paradent et laissent le "sale" boulot aux autres, mais heureusement, il y a aussi les autres, qui sont enthousiastes et font marcher la boutique !

    Bon courage à l'apprentie pompier pour le baptême du feu (je veux dire le démarrage du festival)

    RépondreSupprimer
  2. J'allais justement utilisé le terme de "blogueuse influente" dans mon prochain article, je te renverrai donc la balle, qui me flatte énormément d'ailleurs (la dédicasse, pas la balle en soit).

    Une question seulement : tu ne participes absolument pas au festival ? Tu restes à la caserne tout le temps, ou tu vas vraiment éteindre les flammes ?

    ps : comme l'a dis ton papa, Rouli pourrais bien faire son entrée au palmarès des surnoms que l'on t'attribue. Je mange avec AP demain, on en discutera probablement.

    RépondreSupprimer
  3. Ce qui est bien avec tous vos blogs, c'est que la blogosphère (ouioui, carrément) va devenir une immense private joke ! Ce qui est cool aussi c'est que vous pourrez plus me charrier avec ces histoires de blog, va falloir trouver autre chose ! (je me fais pas de soucis pour ca remarque)

    Et pour répondre à ta question, si je participe au festival, c'est juste aujourd'hui que je reste au bureau car il y a du retard dans les copies des films et que je dois m'occuper d'un long-métrage qui arrive aujourd'hui et qui est projeté demain (lastminute.com).

    Et Rouli... Non ca va, je m'en passerai !

    RépondreSupprimer
  4. Moi c'est Chouliette que je préfère
    Renée

    RépondreSupprimer
  5. ¡Hola Juli!
    Me encanta tu apodo... y también tu blog. Así que podré seguir tu itinerario. Ya sabes que has impresionado tu antiguo (o viejo, como tú prefieras) profe con tu idea de ir a Latinoamérica a hacer tu stage, una zona del Globo que le encanta y que sigue tratando (como tú)de conococer lo mejor posible.
    Hasta muy prontito aquí mismito.
    BV

    RépondreSupprimer