Je ne croyais pas si bien dire l'autre jour en m'auto-proclamant assistant-pompier du festival - cf article précédent. Deux jours de festival, et déjà deux mini-incendies qu'il a fallu éteindre - oui, "mini" car je crois comprendre qu'ils sont mineurs par rapport à tous les problèmes qu'il peut y avoir dans ce type d'événements.
Le premier, hier, s'est déclenché alors que je me trouvais seule au bureau. Les premières étincelles ont d'abord fait leur apparition en mon for intérieur, quand il a fallu répondre à un téléphone sonnant toutes les trente secondes. Après avoir laissé passer plusieurs appels, fébrile, je me décide enfin à décrocher pour balbutier un "Nueva Mirada buenos dias" peu convaincant. Si la plupart du temps, les informations que j'ai pu fournir ont été particulièrement inutiles - "Victor ? Il n'est pas là..." ou alors le classique "Je sais pas je suis stagiaire" - grande a été ma fierté quand j'ai pu indiquer à une dame que tel film passait à tel endroit, tel jour. Ahum, il en faut peu pour être heureux...
Mais ne croyez pas que j'ai loupé l'ouverture du festival - snif snif - pour jouer les standardistes. J'avais une mission de la plus haute importance ! (ou presque)
Envoyer un coursier chercher le DVD original d'un long-métrage de la compétition projeté le lendemain, puis en faire la copie. Autrement dit, si la mission échouait, le film ne pourrait pas être projeté et des enfants viendraient au cinéma pour rien - pressioooon.
Envoyer un coursier chercher le DVD original d'un long-métrage de la compétition projeté le lendemain, puis en faire la copie. Autrement dit, si la mission échouait, le film ne pourrait pas être projeté et des enfants viendraient au cinéma pour rien - pressioooon.
Après un énorme malentendu avec la fille qui s'occupe de créer lesdits originaux ("Aaaah, je dois envoyer la moto tout de suite et pas à midi !"), je finis par mandater le coursier. Il n'y a plus qu'à l'attendre. J'attends. Une demi-heure. Une heure. Hum, bon ce doit être normal, c'est grand Buenos Aires. Je rappelle l'agence qui a envoyé le coursier. "Il est en chemin, il arrive !" Une autre demi-heure s'écoule. "Oui, oui, il est là dans dix minutes !" Les dix minutes argentines, c'est largement pire que le quart d'heure toulousain.
Entre temps, Fernando m'explique au téléphone que c'est normal, qu'il faut tout le temps harceler cette agence, qu'il y a toujours des problèmes, et que t'as beau expliquer que c'est urgent, ils n'en ont rien à taper et profitent de l'occasion pour faire le tour du quartier. Les argentins et leur sens de la responsabilité - j'étais pourtant prévenue que c'était un pays de rêvasseurs. J'ai beau le savoir, je tombe des nues un peu plus chaque jour !
A cause de ce petit contretemps, je me lance bien plus tard que prévu dans la vérification du DVD avant de le copier. Et c'est là que les braises qui commençaient sérieusement à chauffer ont déclenché l'incendie. Sous-titres minuscules et quasi-illisibles. Panique à bord. Je me voyais déjà en train attendre un deuxième coursier avec une version corrigée, à minuit, dormant sur ma chaise de bureau. Ou alors j'imaginais la foule venue au cinéma quitter la salle peu après le début de la projection faute de pouvoir suivre le film.
Piiiiiinpooooon piiiiiinpooooon. Appel catastrophé à la fille qui a eu le malheur de mettre les sous-titres en version Minimoys.
Piiiiiinpooooon piiiiiinpooooon. Appel catastrophé à la fille qui a eu le malheur de mettre les sous-titres en version Minimoys.
"Ok, et je dois faire quoi alors ?" me dit-elle.
- Mais je sais paaaaaaas !"
Un quart d'heure après - temps record - elle me rappelle pour me dire qu'elle a corrigé la version et que je peux envoyer une autre moto la chercher. L'agence s'occupant des coursiers a dû certainement percevoir la sirène des pompiers dans ma voix soudainement beaucoup plus sèche car la moto est arrivée étonnamment rapidement - preuve que l'autre avait bien pris le temps de flâner.
Premier incendie maîtrisé.
Aujourd'hui, la journée avait pourtant bien mieux commencé. Ce n'est qu'à 16h, quand je rejoins Fernando au cinéma que les choses se compliquent. Je m'installe tranquillement dans la salle pour regarder un programme de courts-métrages.
Autant la séance précédente était blindée d'écoliers, autant là il n'y a que trois personnes dans la salle, des adultes. Alors que je me laissais emporter par le programme que je pouvais enfin regarder tranquillement, voilà que la petite héroïne nommée Pamela se met à parler en mode "Itineris j'te capte plus".
Bondissant de mon siège, je cours avertir Fernando. Entre temps, le film s'était bel et bien bloqué. On essaie vite de remplacer par la deuxième copie du programme. Cela bloque au même endroit. L'autre gars présent dans la cabine descend expliquer la situation aux trois pelés présents dans la salle.
Cela aurait pu ne pas être grave si ce n'est que parmi les trois pelés, il y avait deux représentantes d'une chaîne brésilienne venues spécialement du pays voisin pour admirer leur production - qui faisait bien évidemment partie des courts-métrages impossibles à diffuser pour l'heure.
Piiiiiin pooooooooon piiiiiiin poooooooon. Tandis que Fernando leur passe un autre programme de cortos [court-métrages] pour les faire patienter, me voilà de nouveau transformée en apprentie pompier, courant jusqu'au bureau de l'association pour chercher l'original du programme Itineris-jte-capte-plus. Il n'y a que quelques rues qui séparent le cinéma du bureau, mais je peux vous dire que quand tu raisonnes par unité de cortos (comme "dans deux cortos je dois être revenue avec le DVD"), c'est déjà beaucoup trop. Soufflant comme un bœuf, j'arrive juste à temps. On relance à nouveau le programme et puis on jette un rapide coup d'œil sur la salle. Plus personne. Elles étaient parties...
A ce rythme-là, d'ici la fin du festival je crois qu'on pourra me délivrer un diplôme de pompier confirmé !
Piiiiiin pooooooooon piiiiiiin poooooooon. Tandis que Fernando leur passe un autre programme de cortos [court-métrages] pour les faire patienter, me voilà de nouveau transformée en apprentie pompier, courant jusqu'au bureau de l'association pour chercher l'original du programme Itineris-jte-capte-plus. Il n'y a que quelques rues qui séparent le cinéma du bureau, mais je peux vous dire que quand tu raisonnes par unité de cortos (comme "dans deux cortos je dois être revenue avec le DVD"), c'est déjà beaucoup trop. Soufflant comme un bœuf, j'arrive juste à temps. On relance à nouveau le programme et puis on jette un rapide coup d'œil sur la salle. Plus personne. Elles étaient parties...
A ce rythme-là, d'ici la fin du festival je crois qu'on pourra me délivrer un diplôme de pompier confirmé !

Coucou ma fille,
RépondreSupprimerTu as vu que ton théâtre préféré Jules Julien recherchait non pas une assistante de programmation mais carrément son directeur....
bisous
http://www.talents.fr/fichiers/ANNONCE/73/32/44/Toulouse-126x115.jpg
Waoh... Mais alors cela veut dire que Jacques n'est plus le directeur de Jules-Julien... et cela veut aussi dire qu'ils ont finalement mis ensemble les deux théâtres avec Sorano et qu'une partie des ateliers jeune-théâtre disparaît...
RépondreSupprimerSUPER
RépondreSupprimerJuliette je me régale avec ton blog ,tu as vrai talent de narrateur,avec ce qu'il faut d'humour.
Bisous
Merci Monique, ça fait toujours plaisir un petit commentaire !
RépondreSupprimerJ'espère que tout va bien chez les bretons ! Bisous