Maintenant que le festival est passé, que je suis bien installée dans un appartement, que je connais les gens qui vont m'entourer lors des quatre mois restants et que je commence à avoir la carte de Buenos Aires dans la tête, on pourrait penser que c'est l'heure d'installer une petite routine.
| Plaza de Mayo |
En général, quand tu débarques dans une nouvelle ville pour t'y installer quelques temps, tu prends d'abord le temps de découvrir le lieu, d'aller voir les monuments principaux, histoire d'avoir des repères. Puis tu essaies de te faire quelques amis, puis tu te renseignes sur les sorties à faire, et puis après tu te mets à travailler. A vrai dire, j'ai fait exactement l'inverse ! A peine débarquée de l'avion que je me retrouvais déjà dans le bureau du stage pour commencer à travailler ! Amis et sorties, c'est à peu près venu en même temps. Quant au tourisme pur et simple...
Ce n'est qu'hier, par exemple, que j'ai découvert la fameuse Plaza de Mayo ! Avec Julia, nous avons profité d'une des premières journées du printemps pour nous convertir en super-touristes-qui-prennent-tout-en-photo-et-qui-en-plus-prennent-la-peine-de-poser-devant-les-monuments. Mais attention, des touristes de luxe, siouplait ! Car on a enfin compris que Buenos Aires est une ville immense, et que si tu veux voir plusieurs choses durant la même après-midi sans t'effondrer sur le premier banc qui se présente pour reposer tes petits petons, il faut être un peu plus astucieux.
Alors évidemment, c'est un concept encore nouveau ici, il n'y a que quelques points dans la ville où on peut les retirer, à des horaires restreints et il faut être résident de Buenos Aires pour en bénéficier, car pour s'inscrire il faut présenter une facture de téléphone ou d'électricité.
Mais c'est gratuit ! Et puis nous sommes maintenant résidentes de Buenos Aires, haha !
Toutes fières, nous avons donc retiré notre premier vélo jaune. Et c'était parti pour un petit périple, en commençant par le port, nommé Puerto Madero ! Un port qui ne porte pas bien son nom d'ailleurs, car il y a finalement bien plus de ferraille que de bois (le mot madero signifiant bois). Même si je m'en doutais avant, c'est là que je me suis réellement rendue compte que Buenos Aires était une ville de paradoxes, de mélanges improbables...
Ici se côtoient frégate du XIXème siècle et pont ultra-moderne, restaurants chics pour porteños aisés et petits bouibouis à l'hygiène douteuse.
Et si tu traverses un des ponts, les contrastes n'en sont que plus saisissants. Buildings gigantesques, et puis derrière... la nature. Une immense nature dont tu ne vois pas le bout. C'est la réserve écologique. Les opposés situés à quelques mètres d'écart. En quelques coups de pédale, tu passes de New York à l'Afrique - car nature, oui, mais nature très très sèche. Il y avait d'ailleurs une fumée noire très suspecte au loin.
Pas le moins du monde effrayées par l'immensité de la réserve - qui nous devenait accessible, grâce aux bicyclettes jaunes - nous nous sommes engouffrées dans un de ses chemins. Normalement, il est possible de voir des animaux. Je dois avouer que nous n'avons pas vu grand chose. Peut-être que le bruit effroyable des pauvres vélos de ville, non habitués aux chemins de terre, devait servir de signal à toutes les bestioles pour qu'elles se cachent.
Cependant, en quelques minutes, nous avons pu atteindre l'autre rive et admirer l'horizon offert par le Rio Plata ! Dépaysement garanti, on a du mal à se rendre compte qu'à quelques centaines de mètres, il y a le bouillonnement de la ville.
Mais de nouveau, l'Argentine et ses contrastes. Tu baisses les yeux, et tu te rends compte que la plage est couverte... de déchets. Des détritus dans une réserve écologique, c'est tout de même le comble !
Mais de nouveau, l'Argentine et ses contrastes. Tu baisses les yeux, et tu te rends compte que la plage est couverte... de déchets. Des détritus dans une réserve écologique, c'est tout de même le comble !
Le ventre commençant à crier famine, nous sommes revenues sur nos pas pour tester la fameuse bondiola dans un des nombreux bouibouis. En fait, c'est un peu comme un Subway, en plus rustique. Et avec un risque plus élevé d'intoxication alimentaire aussi, certainement. C'est un sandwitch avec de la viande (mais ici, cela tombe sous le sens, dans tous les sandwitch il y a de la viande, c'est tout de même la fierté des argentins !), puis tu rajoutes toi-même salades composées et sauce.
Avec toutes ces histoires, nous en avions presque oublié l'heure. Ouuuuups, les vélib ! Car ils ont beau être gratuits, ce n'est pas non plus la fête, il y a une limite de deux heures. Limite que nous avions largement dépassée quand nous avons enfin trouvé le point le plus proche pour les ramener.
"Vu que vous avez dépassé l'heure, votre compte est bloqué pendant une semaine." nous dit le monsieur.
Ah mince, alors... Cela compromettait pas mal nos plans. J'étais prête à repartir à pied, admettant que nous avions à la fois voulu le beurre et l'argent du beurre, sauf que Julia en a décidé autrement. La brave petite s'est lancée dans une longue argumentation, disant que nous étions de pauuuuuvres jeunes touristes ne connaissant pas bien la ville, et que pauuuvres de nous, nous nous sommes perdues, et que ce serait tout de même vaaaachement gentil d'être un peu plus tolérant. A l'entendre, c'était un peu comme si nous avions débarqué la veille. Mais au moins, ce fut efficace. Quelques minutes plus tard, le jeune homme appelait le patron pour demander de débloquer nos comptes.
Et hop, c'était reparti pour deux heures à vélo ! Après New York, l'Afrique, j'ai eu l'impression de me retrouver à Londres, avec une version plus petite du Big Ben, et un peu plus loin, des gardes en costume traditionnel tenant étrangement la garde devant une plaque honorant les morts de la guerre des Malouines (je ne pense pas que ladite plaque soit susceptible de s'échapper, mais soit !).
Puis ce fut une petite excursion à Paris avec un parc rappelant les Buttes Chaumont, des immeubles haussmanniens, puis une rue commerçante ultra-chic avec magasins Dior, Lacoste, vendeurs à la sauvette et autres clowns pour divertir les très nombreux visiteurs. Camille, Alex, Antoine, j'arrive !
Et hop, c'était reparti pour deux heures à vélo ! Après New York, l'Afrique, j'ai eu l'impression de me retrouver à Londres, avec une version plus petite du Big Ben, et un peu plus loin, des gardes en costume traditionnel tenant étrangement la garde devant une plaque honorant les morts de la guerre des Malouines (je ne pense pas que ladite plaque soit susceptible de s'échapper, mais soit !).
Puis ce fut une petite excursion à Paris avec un parc rappelant les Buttes Chaumont, des immeubles haussmanniens, puis une rue commerçante ultra-chic avec magasins Dior, Lacoste, vendeurs à la sauvette et autres clowns pour divertir les très nombreux visiteurs. Camille, Alex, Antoine, j'arrive !
Une après-midi somme toute très sympathique, les retrouvailles entre Kerjul et le Vélo ont pu donner lieu à un savant cocktail de bonne humeur et de liberté retrouvée !
Je finirai juste l'article sur une photo-cliché, car après tout, je ne dois pas oublier que le nom de ce blog est bien "Kerjul and the flower" et non pas "Kerjul et seulement Kerjul".
Note : un ou une après-midi, telle est la question ! (à vrai dire je n'ai jamais su)
Tu as raison ma fille, le mot après-midi hésite toujours sur son genre….
RépondreSupprimerL’Académie française recommande le genre masculin, plus conforme dit-elle à la composition du mot.
En France, cependant, ainsi que dans le parler populaire canadien, le genre féminin se rencontre aussi. Son utilisation est également relativement fréquente en Suisse.
« C’était une froide après-midi de novembre » […] Edgar Poe « L’Ange du bizarre »
« Par un brouillard d' après-midi tiède et vert » […] . Rimbaud
« Quand le lac agité ne me permettait pas la navigation, je passais mon après-midi à parcourir l'île en herborisant à droite et à gauche, m'asseyant tantôt dans les » […] Rousseau « Les rêveries du promeneur solitaire »
« Une après-midi de grande chaleur j’étais dans la salle à manger de l’hôte » […] Proust « A l’ombre des jeunes filles en fleurs »
« Le docteur, un après-midi, vint s'y faire couper les cheveux » […] Gustave Flaubert « Bouvard et Pécuchet »
"Et elle accourait, cette après-midi-là, avec le besoin fiévreux de hâter les choses." […] Zola « le docteur Pascal »
Chuuut j’en profite, c’est pour le bac de français de Léopold
Bises toulousaines
Aah ! Enfin ! The flower !
RépondreSupprimerJe commençais à désespérer...
Manifestement, le printemps arrive. Heureusement qu'on avait mis des pulls dans le colis (qui n'arrivera jamais ?) car si ça avait été de la charcuterie de Maudez, ça aurait senti le pâté !
Et donc, les pulls arriveront après la bataille (euh, l'hiver quoi !)
J'étais à peu près certaine que ma chère mère allait sauter sur l'occasion pour donner des petites leçons de français !
RépondreSupprimerQuant au colis... Been... J'attends toujours..