30 avril 2012 - 6 mai 2012.
A peine six petits jours séparaient les deux dates, et pourtant, entre les deux... deux mondes, deux cultures, deux fêtes nationales ! J'ai eu la chance de me trouver à chaque fois dans le bon pays au bon moment, ou devrais-je même dire... dans la bonne capitale au bon moment !
Telle une petite souris fouineuse, j'étais là, petite française égarée quelque part entre les Pays-Bas et la France. Car certes, il faut certainement être hollandais pour pouvoir humer pleinement l'essence du Queen's Day. Côté français, il faut certainement avoir vécu le battage médiatique de la campagne, avoir assisté à des meetings, avoir senti à la fois de l'excitation, de la lassitude et de l'impatience pour pouvoir vivre le 6 mai 2012 avec une telle intensité. Etant donné que je ne suis pas hollandaise et que mon seul lien avec la campagne présidentielle française s'est établi derrière un écran d'ordinateur, j'étais donc comme une petite souris qui fait à la fois partie du monde qui l'entoure et à la fois se retrouve dans une position d'observateur.
Je dirais qu'il y avant tout trois points communs entre les deux événements : 1) C'est blindé de monde. 2) La ville semble paralysée et ne vivre que pour cet événement. 3) C'est une personnalité politique qui est célébrée par une nation.
| Amsterdam, le 30 avril |
| Paris, la Bastille, le 6 mai |
Vous qui êtes certainement plus familier avec les présidentielles françaises qu'avec la Reine des Pays-Bas ("Ah bon, ils ont une reine ?"), vous avez aussi dû vous poser la question "mais pourquoi diable sont-ils tous habillés en orange ?". Oui parce que les couleurs du drapeau hollandais, sont les mêmes que les nôtres, rouge, blanc, bleu. Même si j'y comprends rien à l'histoire de leur pays, il me semble qu'à un moment donné ils ont eu un roi qui s'appelait Guillaume d'Orange, et puis voilà... c'est resté. Et puis, un jour, ils ont eu une reine qui était née un 30 avril, et ils se sont dit que c'était une bonne date pour faire la fête, et ils l'ont gardée, malgré le fait que leur reine actuelle soit plutôt née en février. (Oui, oui, je ne vais pas faire semblant d'être une experte, je serais vite démasquée)
En ce lundi 30 avril, nous avons donc pris le train en direction d'Amsterdam. Une double-excitation se faisait sentir car non seulement c'était la première fois que nous allions mettre les pieds dans la capitale, mais en plus c'était le fameux Queen's Day ! Arrivées là-bas, nous avons rapidement pu nous munir d'un collier à fleur orange, histoire de ne pas faire trop tâches, et hop, c'était parti pour explorer la ville sous un beau soleil (je dirais presque "soleil de plomb", c'est que nous ne sommes malheureusement plus habituées à le voir, ce fourbe !).
Que d'animation, que de bonne humeur, que de partage ! Nous avions déjà remarqué que les hollandais étaient très gentils, qu'ils aimaient se rassembler pour faire la fête dans un mélange de générations comme au Carnaval, mais il nous manquait le Queen's Day pour définitivement confirmer cette impression. En ce jour férié, chacun a sa petite activité. Tandis que les jeunes déambulent sur les canaux en bateau avec une grosse sono, d'autres, plus ou moins jeunes, s'installent devant leur maison pour vendre leurs cup cakes maison (sur lesquels se dresse généralement un petit drapeau hollandais) ou pour faire leur vide-grenier. A chaque coin de rue se trouve une buvette à ciel ouvert car il semble bien que dans cette partie de l'Europe, comme chez les belges ou les allemands, on aime la BIERE. Une bière qui est aussi parfois accompagnée d'un fond musical typiquement dutch que nous avions déjà expérimenté au Carnaval, vous savez, le genre de chansons nationales ultra-ringardes que chaque habitant connait malgré tout par cœur ! Mais bon, elles apportent tellement de bonne humeur à ce peuple déjà souriant qu'on ne peut que finir par les apprécier, voire même les retenir !
A un autre coin de rue, un petit garçon joue Amélie Poulain sur le piano familial installé dehors pour l'occasion. Encore un peu plus loin, deux petites filles en tutu exécutent une chorégraphie de danse classique soigneusement étudiée, sous les applaudissements admiratifs des passants.
Au fur et à mesure que nous déambulons dans la ville, chaque nouvelle découverte nous laisse un peu plus émerveillées : une scène flottante sur laquelle joue un groupe de musique, un stand à mojitos déambulant, un mec à vélo tenant tranquillement sous son bras une planche de bois de plusieurs mètres de long tout en discutant avec un copain, etc.
Puis nous arrivons dans un parc, à la fois kermesse des enfants où toute l'imagination est mobilisée pour attirer le passant, à la fois scène ouverte pour groupes de musique en herbe et à la fois lieu de détente pour piétons fatigués. Et les fameuses tulipes, bien sûr ! Non loin de là, la jeunesse dorée d'Amsterdam fait aussi la fête sur une péniche, chacune faisant la concurrence à celle d'à côté pour le prix imaginaire de la meilleure ambiance. La journée touchant à sa fin, c'est d'ailleurs cette dernière ambiance, celle de la grosse sono et des jeunes prêts à danser toute la nuit, qui commence à prendre le dessus. Malheureusement, la petite souris ne pourra pas trop vous en dire plus car il fallait bien qu'elle rentre à Maastricht !
Puis nous arrivons dans un parc, à la fois kermesse des enfants où toute l'imagination est mobilisée pour attirer le passant, à la fois scène ouverte pour groupes de musique en herbe et à la fois lieu de détente pour piétons fatigués. Et les fameuses tulipes, bien sûr ! Non loin de là, la jeunesse dorée d'Amsterdam fait aussi la fête sur une péniche, chacune faisant la concurrence à celle d'à côté pour le prix imaginaire de la meilleure ambiance. La journée touchant à sa fin, c'est d'ailleurs cette dernière ambiance, celle de la grosse sono et des jeunes prêts à danser toute la nuit, qui commence à prendre le dessus. Malheureusement, la petite souris ne pourra pas trop vous en dire plus car il fallait bien qu'elle rentre à Maastricht !
Le dimanche suivant à Paris, le 6 mai, donc, fut tout aussi intense, pour d'autres raisons toutefois.
Outre l'élection présidentielle, une des premières choses qui m'a choquée en retournant en France, c'est... une certaine impression de pauvreté. Paris a son côté splendide, sa belle architecture, ses commerces appétissants. Mais Paris a aussi son côté misérable, ses pauvres qui font désespérément la manche dans le métro, ses laissés-pour-compte. Ce n'est pas nouveau, certes, mais cela m'a fait réaliser que je n'ai jamais croisé un seul SDF à Maastricht... Diantre, qu'est-ce que ça veut dire ? Il n'y a pas de pauvres aux Pays-Bas ? C'est vrai, quand j'y pense, cette ville de Maastricht représente un peu ce genre de société idéalisée. Tous ces gens à vélo, courtois, heureux, pas stressés, dans un style tout-va-pour-le-mieux-dans-le-meilleur-des-mondes. Il y a quelque chose de bizarre...
Et puis, j'ai réalisé autre chose, en me baladant avec Gaëtan à travers les magnifiques passages couverts de Paris, et en atterrissant dans un quartier sûrement inconnu des touristes, très vivant, très populaire, et aussi très multiculturel. Tu traverses un passage, et tu es au Maroc. Tu en traverses un autre, tu es en Afrique noire. Et le suivant, tu es en Inde. Juste un peu plus loin, il y a un marché couvert, rempli de produits on ne peut plus français. Cela a fait jaillir une autre question dans mon esprit : ils sont où les blacks aux Pays-Bas ? Et les beurs ? Pas dans le centre de Maastricht en tout cas (peut-être davantage à Amsterdam ?). Je sais que je touche un sujet sensible, qui donne lieu à beaucoup de divergences et de batailles politiques, et je ne vais pas rentrer là-dedans parce que ce n'est pas trop ma tasse de thé. Mais c'est quelque chose qui m'a marquée... Toute cette richesse culturelle, à quelques mètres d'écart.
Du point de vue d'une française expatriée (d'une petite souris), j'ai trouvé la France très divisée, et quelque part cela m'a attristée. Ce 6 mai était un peu comme une fête nationale, mais au fond, elle n'a rassemblé qu'une partie de la population. Et elle a déçu une autre partie de la population, voire a suscité sa haine. Ceci-dit, il y avait aussi de la haine du côté des "vainqueurs". A la Bastille, j'ai retrouvé cette France multiculturelle, et malgré l'impression de rassemblement, de joie libératrice, il y avait aussi beaucoup de rancœurs en toile de fond... Il y a du boulot.
Du point de vue d'une française expatriée (d'une petite souris), j'ai trouvé la France très divisée, et quelque part cela m'a attristée. Ce 6 mai était un peu comme une fête nationale, mais au fond, elle n'a rassemblé qu'une partie de la population. Et elle a déçu une autre partie de la population, voire a suscité sa haine. Ceci-dit, il y avait aussi de la haine du côté des "vainqueurs". A la Bastille, j'ai retrouvé cette France multiculturelle, et malgré l'impression de rassemblement, de joie libératrice, il y avait aussi beaucoup de rancœurs en toile de fond... Il y a du boulot.
Mais enfin, laissons de côté la petite souris à ses sombres observations, et retrouvons plutôt notre protagoniste, la Juliette qui était toute contente d'être à Paris en cette date historique. Car à ce moment-là, cette dernière était loin de se poser toutes ces questions, elle vivait pleinement l'instant présent, heureuse d'être avec son chéri et toute excitée de vivre sa première élection présidentielle en tant que citoyenne majeure dotée du droit de vote.
A 20h, au moment de l'annonce des résultats, nous n'étions ni devant le poste de télévision, ni rue Solférino, mais... à l'Olympia ! Car en ce jour à haute signification politique, le non-moins politisé Stéphane Guillon donnait la dernière représentation de son spectacle.
Le spectacle commençant à 17h, nous étions loin de penser être encore dans la salle trois heures après... Mais le coquin a bien joué son coup. Une première partie laissée aux mains de musiciens humoristes et virtuoses, une petite demi-heure d'entracte, et hop, le compte à rebours est lancé, à coup de blagues osées et provocantes, et d'éclats de rire d'une salle conquise par avance. Aaah, il était à la fois triste et excité, le Stéphane Guillon ! Le pauvre, que va-t-il faire s'il ne peut plus se moquer de Sarkozy ? Bah, je lui fais confiance pour rebondir, lui qui a magiquement réussi à croquer François Hollande en le transposant ironiquement dans le monde de Oui-Oui.
A 19h55, la salle frémit d'impatience... Il ne va pas nous faire louper les résultats quand même ? Mais non, voyons ! A 19h57, après une dernière petite pique à l'attention de Marine Le Pen, il s'installe devant le vieux poste de télé qui trônait sur la scène depuis le début, et l'image de David Pujadas apparait projetée au fond. A 20h, la voix de ce dernier est largement couverte par les explosions de joie retentissant dans la salle. Applaudissements enthousiastes, c'est un triomphe pour le nouveau président mais aussi pour Stéphane Guillon qui se met à distribuer des roses dans le public.
Nous nous empressâmes ensuite de rejoindre la Bastille, après avoir acheté le champagne (enfin, hum, le vin mousseux). Il nous fut impossible de retrouver les copains pour cause de réseau saturé, mais la soirée n'en fut pas moins célébrée, soyez rassurés :)

Vive la Reine!
RépondreSupprimerEt vive ma Reine à moi !
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