Voilà déjà presque trois semaines que j'ai débarqué à Maastricht, et je peux enfin me poser tranquillement devant un ordinateur pour vous en dire un peu plus.
Maa-quoi ? Mais si, vous savez, Maastricht ! La ville qui a hanté nos copies d'histoire au lycée car on ne savait jamais comment l'écrire, on ne savait pas vraiment la situer sur une carte et pourtant il fallait quand même en parler parce que quelques dirigeants européens avaient eu la bonne idée de vouloir signer le traité pour l'Union Européenne là-bas !
Maastricht, c'est aussi La-Ville-Dont-On-N'arrive-Pas-A-Prononcer-Le-Nom (avouons-le, Voldemort, c'est quand même plus simple). Au bout d'un moment, quand il y a plus de consonnes que de voyelles, ça devient un peu compliqué pour nous autres francophones. C'est un peu comme Nietzsche, quoi. Pour être sûrs de ne pas oublier une lettre, tu te sens obligé de dire dans ta tête "ni-te-ze-se-che", ou bien "ma-a-se-te-ri-che-te". Enfin, il se trouve que quand je suis arrivée à l'aéroport d'Amsterdam et que j'ai voulu demander le train pour aller à Ma-a-se-te-ri-che-te, vu la tête qu'a fait mon interlocuteur, je me suis dit : "ça y est, c'est une arnaque, c'est tellement paumé que ça n'existe que dans les livres d'histoire" !
Car c'est vrai, quand tu regardes sur une carte, ça a l'air vraiment perdu.
Déjà que c'est pas grand les Pays-Bas, qui aurait l'idée d'aller là, tout en bas, dans ce petit îlot coincé quelque part entre la Belgique et l'Allemagne, dans cette ville qui n'est ni dans le guide du Routard des Pays-bas, ni dans celui de ses deux voisins ? Ben... moi, il faut croire.
Bon, allez, je vous rassure, j'ai eu le temps de revoir un peu mes préjugés entre temps ! Mais malgré tout, il y en a quelque-uns qui ont subsisté :
1. IL FAIT TRES - mais alors très très - FROID.
Je dois avouer que quelques jours avant le départ, alors que je stressais un petit peu et que ma mère est arrivée en disant "Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer, je t'ai acheté des CHAUSSETTES", là, tout de suite, ma réaction a été : "Aaah, mais oui, tu as raison, je pars aux Pays-Bas pour 5 mois, mais puisque j'ai des chaussettes, je n'ai au-cu-ne raison de m'inquiéter !"
Hé bien, la morale de l'histoire est qu'il ne faut jamais se moquer de sa maman, parce que oulala qu'est-ce que ça caille... La neige, encore, c'est joli, mais quand le thermomètre continue de descendre, attendre un bus pendant 30 minutes vers 20h le soir devient un acte presque suicidaire.
Tu as beau faire la danse des indiens en sautillant sur place et en soufflant des "ouh ouh ouh", ça n'aide pas les pieds à décongeler ! Et encore, le pire reste à venir... Quand tu finis par monter dans le bus, à l'abris du vent polaire et dans une atmosphère plus chaleureuse, c'est le choc climatique, la fonte des glaces, la dislocation de la banquise ! Tes petits petons semblent vouloir gonfler, gonfler et finir par faire exploser tes chaussures dans une giclée de sang et de chair digne d'Happy Tree Friends. Bref, inutile de préciser que ma première expérience à vélo a été tout aussi traumatisante. Heureusement, la grande vague de froid qui s'est abattue sur l'Europe dernièrement semble se dissiper.
2. LE VELO REGNE EN MAITRE.
Il s'agit d'un des plus beaux clichés sur les Pays-Bas, mais c'est tellement vrai... Rien qu'en sortant de la gare, les vélos s'entassent dans des parkings sur des centaines de mètres.
A Maastricht, tu peux te faire renverser par un vélo si tu ne fais pas attention.
A Maastricht, les vélos ont la priorité sur les ronds-points et les voitures s'arrêtent.
A Maastricht, l'une des premières questions que l'on te pose quand tu viens d'arriver, c'est "Do you have a bike ?"
A Maastricht, beaucoup de vélos ne sont pas attachés par un antivol (Mmh, quelle serait la durée de vie d'un vélo non attaché à Toulouse ? Dix minutes ?).
A Maastricht, un des seuls magasins à être ouvert après 18h ainsi que le dimanche est... un magasin de vélo.
Autrement dit, dès qu'il fera moins froid, ce sera un peu "Kerjul aux pays des merveilles".
3. LAISSE TOMBER LE HOLLANDAIS
Apprendre la langue hollandaise n'était déjà pas au programme à la base, mais je crois que même en faisant un effort, ça ne sera tout simplement pas possible. Pour vous dire l'ampleur de la tâche, depuis trois semaines, mon objectif est d'arriver à dire "s'il vous plaît/merci", et il n'est même pas encore atteint. Arschtublieft ou un truc comme ça. Pour l'instant la seule chose que j'ai envie de répondre c'est "A vos souhaits !".
De toute façon, les hollandais (ou plutôt les néerlandais, pardon pardon !) vous le diront eux-mêmes, "apprendre le dutch, ça sert à rien". Ils parlent tellement bien anglais que, selon mon humble avis, les américains et les canadiens devraient prendre modèle sur eux.
Enfin bref, je vais arrêter là les clichés, parce que parallèlement, j'ai eu beaucoup d'autres surprises ! Déjà, il se trouve que Maastricht n'est pas le petit village perdu que j'imaginais, avec deux cafés miteux, un petit commerce et une petite Eglise (j'exagère, mais j'avais presque cette image).
Des Eglises, il y en a, certes, mais elles sont énoooooormes ! Et il y en a tellement que certaines ont trouvé une toute autre fonction pour ne pas être délaissées : vous avez donc une église-librairie, une église-club-de-fitness, une église-amphithéâtre-de-la-fac... Et les cafés miteux s'avèrent plutôt être des bars jeunes et branchés, où la bière coule à flots. Quant au petit commerce, honte à moi, Maastricht a beau être une petite ville, c'est quand même une véritable capitale du shopping ! Même Camille qui revient d'un semestre à Paris, capitale de la mode, a été impressionnée !
Et la fac, me direz-vous ? Ah oui, la fac... Ben oui, forcément, c'est pour ça que je suis venue, hein... Rien à voir avec le système français, où quand tu arrives en amphi, tu (au choix) dors / prends des notes / manges / geek sur l'ordi, et où tu cravaches deux semaines avant les partiels pour tout ingurgiter.
Ici, tu te retrouves dans un petit groupe d'une quinzaine de personnes, le tuteur ne parle quasiment pas et ce sont les élèves qui abordent le problème souhaité, discutent, débattent, définissent des "learning goals", repartent chez eux, lisent les (nombreux) textes sur le sujet, reviennent deux jours plus tard et re-discutent pour répondre à leurs "learning goals". Et le pire... c'est que ça marche. Alors qu'en France on se retrouverait certainement à se regarder dans le blanc des yeux pendant deux heures en attendant que quelqu'un veuille bien se sacrifier pour parler, ici, si tu ne parles pas (dans un anglais parfait, cela va de soi), c'est que ce n'est pas normal.
En d'autres termes, accroche ta ceinture, petit français qui bégaie, ça va dépoter !
Mais pas pour l'instant, car... c'est Carnaval ! Et pour l'occasion, nous avons même une semaine de vacances - et pour qu'ils nous accordent des vacances à la fac, c'est que ça doit être sacrément culturellement ancré. Vous n'avez peut-être jamais entendu parler du Carnaval de Maastricht, mais au vu des installations en cours, des photos trouvées sur Google images et de l'excitation générale perçue dans la ville, il a l'air d'avoir rien à envier à celui de Venise ou de Rio de Janeiro ! (à part la chaleur pour ce dernier, peut-être...)
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| Le Carnaval approche ! |



Avec le carnaval, tu vas te sentir comme chez toi sous peu. Il parait que le 'kick-off' est pour vendredi chez vous. Mais ne vous y méprenez pas. Les 'dutch' girls qui vivent avec moi et étudient à Utrecht ou Amsterdam vous confirmeront que le Carnaval se fête partout. C'est également une grosse tradition en Allemagne... Comme quoi, nos maigres débuts à Sciences Po Toulouse auront peut-être le mérite d'étendre une tradition quasi-européenne jusqu'à la France. (:
RépondreSupprimerFinalement, "Bienvenue chez les Ch'tis" n'est pas si caricatural : Quand tu vas dans le Nord, il fait froid, très froid. Il fait -20°C, -30°C, ..., -40°C ! (avec l'accent rocailleux du sud de Galabru). Evidemment, les Maastrichiens diront que c'est exceptionnel, que ça fait 20 ans qu'ils n'ont pas eu une vague de froid comme celle là, mais on n'est pas obligé de les croire - c'est comme la pluie en Bretagne ;-)
RépondreSupprimerEt moi qui croyait qu'à Maastricht, il n'y avait pas de vacances ou si peu, juste pour éviter que les étudiants ne meurent à la tâche, encore un cliché qui fout le camp !
Finalement, elles sont bien les chaussettes de Maman !
Heureuse de savoir que toi et la fleur continuez votre périple dans le Nord!
RépondreSupprimerTes orteils ont ils gelés,
Mais non,tu avais les chaussettes de Maman!
Une Maman ça a du flair et elle sait!
Bisous du bout du monde
MOnique