Oulah ! Le dernier article sur ce blog date du 16 février... et nous sommes actuellement le 29 avril... Mais on dirait qu'il y a un sérieux coup de mou là !
Ben alors, Kerjul, tu dors ? Tu n'as plus d'anecdotes à raconter ?
Oh que si ! Au final, il n'y a pas forcément besoin d'aller à l'autre bout de la planète pour faire face à un choc culturel. Mais je dois avouer qu'après avoir pris autant de retard, je ne sais pas trop par où reprendre...
J'ai trop le goût de l'anecdote pour me contenter d'un large résumé des deux derniers mois, du style "alors on est allées à Berlin, puis on a travaillé, puis je suis allée à Paris, on a re-travaillé, puis en Suède et".... alors au diable les généralités et que vive les particularités !
Je vais donc vous exprimer dans cet article tout mon amour pour... la Belgique. Parce que vous savez, entre nous, c'est un peu "je t'aime moi non plus". C'est comme dans un vieux couple, on se dispute, on se mène la vie dure, mais après tout... on se dit qu'on n'est pas si mal ensemble, l'un et l'autre !
"La Belgique ? Mais tu n'es pas aux Pays-Bas ?" me direz-vous. Hé oui, vous mettez le doigt sur quelque chose, en effet ! Car c'est là qu'a commencée ma cohabitation avec la Belgique.
Quand je suis arrivée toute guillerette à Maastricht, je pensais - tout comme vous - que j'allais passer un semestre aux Pays-Bas. Sauf que non, j'étais loin de me douter que la perfide Belgique, jalouse du rayonnement maastrichtien, avait décidé de mettre son grain de sel là-dedans. Notre amie belge a donc usé d'un stratagème perfide pour nous attirer (Camille et moi) dans ses filets... Jeunes et naïves que nous étions, nous avions réservé chacune une chambre d'étudiant dans une résidence qui se vantait d'être seulement à "sept minutes à vélo du centre de Maastricht".
Et PAF, dans le panneau ! Sept minutes à vélo du centre de Maastricht, si on arrondit à 20-30 minutes (ben oui, on n'est pas à un quart d'heure près), cela nous amène à.... Smeermaas.
Hein, Smeer-quoi ? Smeermaas, c'est une gentille petite bourgade... belge. Et voilà, nous y sommes. La Belgique avait déjà commencé à nous berner. Tu crois que tu vas habiter aux Pays-Bas, et tu te retrouves dans un lieu-dit en Belgique (car si vous vous rappelez bien ma petite carte de l'article précédent, Maastricht est une ville frontalière). Bon, allez... C'est pas si grave, après tout, cela nous fait faire du sport de passer la frontière tous les jours ! Mais tout de même, conseil d'ami, ce n'est jamais très bon de commencer une relation amoureuse sur un malentendu (ou sur un mensonge).
C'est pourquoi cette relation était destinée à provoquer quelques vagues. Si vous avez bien suivi, je vous ai laissés en plein suspense la fois précédente, à propos du Carnaval hollandais (sisi, un suspense de fou !)... Hé bien, c'est précisément à ce moment-là que la tenace Belgique a de nouveau fait des siennes !
Il faut avouer que même si la Belgique fêtait aussi Carnaval, nous l'avions légèrement snobée pour voir ce qu'il en était côté Pays-Bas, à Maastricht. Et alors là, jalousie quand tu nous tiens, à croire que ça ne lui a vraiment pas plu ! Voici donc comment elle s'est vengée...
Après deux jours d'intense Carnaval hollandais, nous avions prévu de passer le reste des vacances à Berlin. Un long trajet nous attendait avant d'arriver là-bas, nous devions d'abord prendre le train de Maastricht à Liège, puis de Liège à Bruxelles, pour ensuite s'envoler à Berlin avec EasyJet.
Bon, d'accord, c'était déjà tordu d'aller en Allemagne en passant par la Belgique, mais c'était sans compter la vengeance de cette dernière, horriblement vexée ! Tout commença à Smeermaas. Alors que le village dormait paisiblement depuis notre arrivée, il a subitement décidé de s'éveiller le jour de notre départ. Attention, branle-bas de combat à Smeermaas pour Mardi gras, youhou c'est la fête ! Ouais cool de l'animation ! Bon, ça c'était la réaction avant qu'on ne se rende compte que plus aucun bus ne pouvait passer dans la bourgade.
Bon, d'accord, c'était déjà tordu d'aller en Allemagne en passant par la Belgique, mais c'était sans compter la vengeance de cette dernière, horriblement vexée ! Tout commença à Smeermaas. Alors que le village dormait paisiblement depuis notre arrivée, il a subitement décidé de s'éveiller le jour de notre départ. Attention, branle-bas de combat à Smeermaas pour Mardi gras, youhou c'est la fête ! Ouais cool de l'animation ! Bon, ça c'était la réaction avant qu'on ne se rende compte que plus aucun bus ne pouvait passer dans la bourgade.
Hé merdeeeee, notre train part dans trois quarts d'heure et on a aucun moyen d'aller à Maastricht...
Bon, allez, c'est pas grave, hop hop hop, on s'active, on commence à marcher et on essaie de faire du stop ! Mais heuuuu, pourquoi personne nous prend ? De longues minutes s'écoulent avant qu'une voiture à l'intérieur enfumé par la cigarette ne veuille bien venir à notre secours. Je vous épargne les détails de la course, mais en gros c'est après avoir sauté de la voiture, couru jusqu'à un bus qui allait miraculeusement à la gare, puis sprinté de nouveau jusqu'à la vieille locomotive (tout cela au prix de la perte d'un premier poumon) que nous avons pu valider cette toute première étape du voyage.
Arrivées à Liège (aaargh, retour en Belgique !), deuxième frayeur au moment d'effectuer la correspondance - assez courte au niveau du timing. Avec ces embrouilles belges, nous n'avions pas eu le temps d'acheter nos billets. Et voilà que le sort s'acharne, la machine vendant les tickets refusant nos cartes bleues, le distributeur aussi, c'est donc au prix de la moitié du deuxième poumon que nous avons finalement réussi à attraper le deuxième train.
A ce moment-là, nous pensions en avoir fini avec les frayeurs bleues. Mais cela ne devait sûrement pas être suffisant pour rassasier l'esprit de vengeance de notre amie Belgique ! Une demi-heure avant d'arriver à Bruxelles, le train s'arrête... et ne repart pas. Suicide sur la voie, ben oui, forcément !
"On ne peut pas repartir tant que la police n'est pas arrivée, fieu !" nous explique un contrôleur belge. "Vous n'avez qu'à prendre ce bus de ville, là. En quinze minutes, vous êtes à Leuven, et là vous pouvez attraper le train qui va à l'aéroport."
Mmmh, ça sent le roussi, mais soit, on n'a pas vraiment le choix, prenons ledit bus ! Trois quarts d'heure plus tard, nous étions toujours dans le bus, à traverser des villages tout aussi paumés les uns que les autres, tantôt un village flamand, tantôt un village francophone... Autant dire que si nos poumons avaient eu le temps de ressusciter, nous frôlions alors la crise cardiaque.
Génial, notre avion part dans une heure et nous sommes au beau milieu de la campagne belge... Tout-va-bien-restons-calmes-on-respire.
Quand nous arrivâmes enfin (oui, allez un petit passé simple pour dramatiser un peu) à Leuven, nous courûmes désespérément une énième fois vers la gare. Et là, coup de grâce : le train en direction de l'aéroport s'élance au moment où nous débarquons sur le quai.
And the winner is... Belgium !
Sauf que non ! Hé ho, on ne va pas se laisser faire comme ça non mais ! Un dernier petit sprint jusqu'à un taxi, la re-perte d'un poumon, un porte-monnaie qui explose... et une arrivée triomphante à l'aéroport, deux minutes avant l'heure limite d'enregistrement. Ouf. Les vacances pouvaient commencer !
***
Inutile de préciser qu'à ce moment-là, nous avons frôlé la rupture avec la Belgique. Ah ça oui, on était très fâchées ! Mais... vous savez... Dans un couple, on se dispute... mais on se pardonne aussi. Et pour le coup, nous étions bien obligées de lui pardonner un peu à la Belgique, car sans quoi nous n'avions plus de toit au retour de Berlin ! Alors, au début, on râle... et puis, petit à petit on s'accommode. Et enfin, après l'hiver mouvementé, le printemps pointe son nez, et on commence à apprécier de nouveau la vie à deux, à prêter attention aux arbres qui bourgeonnent, aux oiseaux qui gazouillent, aux péniches qui prennent vie... et on finit par se dire que bon, au final ce n'est pas si terrible la Belgique. (c'était la minute émotive de l'article)
Il se trouve même que Liège, c'est très joli, dès qu'on s'y attarde un peu plus que le temps de perdre un poumon.
Il se trouve même que Liège, c'est très joli, dès qu'on s'y attarde un peu plus que le temps de perdre un poumon.
Alors oui, mes amis, tout ça pour dire que l'hiver hollando-belge, c'est assez rude, mais que, sans rancune, le printemps arrive !
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