vendredi 21 octobre 2011

Une page se tourne


J'ai toujours eu un peu de mal avec les fins. A la fin de l'école primaire, je me rappelle parfaitement avoir pleuré comme une madeleine (oui, vous avez le droit de rire, j'assume). Au moment de changer de collège, pareil. Jusqu'à il y a peu, au moment de dire au revoir aux amis de Sciences Po qui s'en allaient aux quatre coins du monde, les larmes étaient aussi au rendez-vous. D'accord, j'avoue, j'ai la larmichette facile. Et j'ai beau ne pas aimer les fins, j'adore aussi les nouveaux départs - le paradoxe de l'être humain me direz-vous.
Et aujourd'hui, même si ce n'est pas la fin de la mobilité, il y a quand même une page qui se tourne. 
Premièrement, d'ici trois jours, je change d'appartement. Et ce n'est pas anodin, car non seulement je change d'appartement, mais je change complètement d'ambiance. Du centre de Buenos Aires, frénétique, un peu étourdissant mais ô combien pratique pour se déplacer un peu partout, je vais à San Telmo, le quartier historique, bohème, tranquille, un peu plus excentré mais tout plein de charme. Je troque le deux pièces du 7ème étage pour une chambre dans une grande maison avec terrasse, barbecue, salon de danse et je ne sais combien de personnes vivant dedans, quasiment tous étrangers. De la rue Ayacucho, direction la rue Chacabuco - si avec ça je me mélange pas les pinceaux ! 

Un dimanche à San Telmo
Le plus amusant dans l'histoire, c'est que j'avais déjà visité cet appartement en août, et j'avais flashé dessus. A l'époque, ce n'était pas possible d'y aller pour je ne sais plus quelle raison. Je me rappelle que j'avais goûté mon premier maté avec le propriétaire de l'endroit. Je trouve ça donc assez cocasse d'atterrir là plus de deux mois après, dans une ville aussi grande que Buenos Aires où l'offre de colocation ne manque pas. Même si ce n'est pas vraiment mon genre, il y aurait de quoi penser que c'est un coup du destin.
Génial, me direz-vous ! Oui, effectivement, je suis plutôt contente, mais comme toujours, avant le nouveau départ, il y a la fin de l'autre quotidien. Et mine de rien, je commençais à bien me sentir dans mon petit deux pièces (avec balcon !). Je commençais à m'attacher au petit chinois avec qui je n'arrivais pas à communiquer. J'aimais bien le gars de la laverie qui s'acharnait à vouloir me parler en français. J'adorais pouvoir me rendre au stage à pied, ou décider un quart d'heure avant la séance d'aller au cinéma qui se trouve à côté. Aller au théâtre à pied. Avoir trois lignes de métro à quelques cuadras. Sans parler des papis faisant de l'aérobic dans le petit gymnase !
Hop, d'ici peu, tout cela va disparaître, on va connaître d'autres chinois, d'autres laveries et peut-être d'autres papis dans les gymnases. 
Bon, si ce n'était que cela, ça irait. Mais en plus, cela sent quasiment la fin du stage. Cette semaine, lorsque j'ai rappelé à mon collègue que j'allais être absente pendant deux semaines pour cause de voyage en famille, celui-ci m'a dit "Ah, ce sont tes derniers jours alors !". J'avoue avoir un peu tiqué, m'empressant de rappeler que je reviens après. Oui, sauf qu'il n'y aura plus grand chose à faire du côté de la programmation... Je l'avais déjà un peu anticipé vu que j'en avais profité pour planifier un voyage d'une semaine en novembre (pour voir les baleines !), mais d'un autre côté cela donne des frissons dans le dos de devoir déjà penser à faire le rapport de stage. Non pour le travail en lui-même sinon pour ce qu'il représente, c'est-à-dire la fin du stage. Ciao, ciao, Juliette, bon retour en France ! Brrr
Ces jours-ci, je me retrouve à préparer trois valises. Une qui va en Patagonie, une qui va dans mon nouvel appart et une qui repart en France avec mes parents, car autant profiter de leur venue pour remplacer les affaires d'hiver par les affaires d'été. Déjà que c'est un casse-tête de préparer une valise, trois je ne vous dis pas ! En mettant mon gros manteau dans la valise qui repart en France, je ne me peux m'empêcher de me revoir emmitouflée dedans les premières semaines, les cheveux très courts, et le fait de le renvoyer en France m'oblige à ranger cet épisode qui me paraît si proche dans la catégorie du passé. C'est peut-être pour essayer d'arrêter le temps qui passe que je suis allée chez le coiffeur afin de refaire la même coupe qu'avant - quizás.
L'autre jour, je me lamentais du temps qui passe vite auprès de ma mère sur skype, et celle-ci m'a dit "mais tu en as bien profité non ?
- Pourquoi tu utilises le passé ? Ce n'est pas fini, MERDE."
Le pire, c'est que c'est un cercle vicieux. De peur de ne pas profiter assez, tu fais de plus en plus de trucs, et le temps passe encore plus vite ! Bref, je ne vais pas m'étendre là-dessus car j'ai déjà longuement épilogué sur le sujet dans un autre article
A présent, je me sens comme un nageur en apnée avant de plonger. C'est la grande respiration (avant d'avoir 20 ans ?). Demain, tout s'enchaîne. 
Et finalement, ce sont les derniers moments de concentration avant de plonger qui te paraissent interminables. Bon, vous arrivez, les parents ? :)

Estás perdiendo el tiempo, pensando, pensando...

6 commentaires:

  1. Bonjour Juliette et très bon anniversaire, 20 ans ! le temps passe très vite mais je vois que tu sais bien en profiter, être à buenos aires pour ton anniversaire, c'est déjà super et le fêter en famille avant de partir en patagonie ensemble - au bout du monde ! - c'est fabuleux !
    Un grand bonjour à Léopold, Renée et Laurent et je vous souhaite un très bon voyage.
    Je vous embrasse,

    Marie Paule

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  2. Bonjour (ou bonsoir) Juliette,
    Joyeux anniversaire et bon déménagement vers de nouvelles aventures.
    Paul me dit qu'on dirait que tues parti dans un autre monde...

    Grosses bises à tous.
    Note pour renée : Chez papy mamie, Daniel, monette, juliette et marin nous ont rejoint et tout ce petit monde se porte bien.

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  3. Mamie et papy pense beaucoup à toi et nous te souhaitons un bon et heureux anniversaire et un bon séjour et nous espérons que tu seras avec nous pour noël ou au nouvel an.

    Gros gros bisous.
    mamie et papy

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  4. bonjour Juliette je te souhaite à mon tour un très joyeux anniversaire Mamie a oubliè de te dire de penser à bien souffler sur tes bougies . c 'est très plaisant de lire ton blog; Passe de bon moments en argentine profite de tout mais reste tout de même prudente . Très gros bisous
    Tata Marylene

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  5. Merci beaucoup à vous tous ! Par ici tout va bien, demain c'est notre dernier jour à Buenos Aires avant de prendre l'avion pour Ushuaia.
    Bisou de toute la famille :)

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  6. A l'heure ou j'écris tu as tourné ta page (et nous nous régalons de tes aventures et états d'ämes)et tu continues tes explorations du monde avec ta famille.
    J'ai hâte de voir tout ça en photos.
    Pour notre part, nous allons partir Madagascar pendant 1 mois .A bientôt Bisous
    Ps: Joyeux anniversaire avec du retard oups....

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