Raconter la Patagonie... Que la tâche est difficile ! Comment décrire avec des mots l'émotion suscitée à la vue de ces paysages immenses et magnifiques ? Notre surprise en arrivant à chaque nouvel endroit ? Chaque jour, nous nous disions "là c'est sûr, on a vu le plus beau" et chaque lendemain nous nous étonnions de voir notre affirmation erronée une fois de plus. Le voyage fut intense, autant émotionnellement que physiquement, car il faut le savoir, visiter la Patagonie cela se mérite. Ce sont des heures à passer dans des transports qui partent à des horaires impossibles, entraînant des réveils matinaux et quelques nuits blanches, des heures de marche dans la montagne pour profiter au mieux des paysages, des heures à affronter le fameux vent patagonique... Mais cela en vaut tellement la peine !
Reprenons depuis le début, c'est-à-dire le 22 octobre au matin. A peine levée que ma coloc' préférée - ok j'en ai qu'une mais préférée quand même ! - me régale d'un fabuleux petit déjeuner d'anniversaire, avec des fraises s'il vous plaît, hé oui, après m'être gelée les miches en août, le printemps arrive en octobre avec son lot de petits plaisirs ! A peine le festin attaqué que l'interphone retentit. Déjà ? C'est qu'elle est matinale la famille K. !
Retrouvailles, chants d'anniversaires multilangues et un peu de repos avant de jouer le City guide à travers Buenos Aires. Je ne vais pas trop m'étendre car ce sont finalement les classiques que je vous ressasse depuis des mois. Comme je m'y attendais, Léopold adore les alfajores et le dulce de leche, Maman adore le quartier de la Boca avec ses jolies couleurs et Papa doit certainement dépasser la moyenne de 100 photos par jour. Et Kerjul ? Hé bien elle joue la traductrice.
Maman : "Julieeeette, dis-lui que c'est vraiment magnifique !"
Léopold : "Julieeeette, tu peux me commander une empanada en plus ?"
Papa : "Julieeeette, tu peux demander une facture au réceptionniste de l'hôtel ?"
Bon, j'exagère, mais c'était un peu ça. Et puis il faut bien dire qu'à la fin du voyage, Léopold connaissait toutes les variantes de garniture des empanadas pour pouvoir les commander tout seul, Papa demandait "la cuenta poR favoR" et Maman avait adopté la méthode des pouces en l'air pour montrer que ça lui plaisait.
Ces trois jours à Buenos Aires furent quand même marqués par quelques événements marquants, à commencer par la finale de rugby immanquable pour mon cher frère.
Kerjul : "Mais, heuu... avec le décalage horaire, il faudrait regarder le match à 5h du matin.
Léopold : Ben ouais, et alors ?
Kerjul : Bon... Je vois..."
Ensuite, nous avons pu constater l'importance accordée par les argentins à leurs élections (présidentielles, tout de même !) qui se déroulaient ce week-end là, au point de sacrifier deux de leurs grandes passions :
Kerjul : "Bonjour, excusez-moi, pour visiter le stade de foot de la Boca, il faut aller où ?
Le policier : Ah mais mademoiselle, avec les élections, il est fermé aujourd'hui."
Un peu plus tard, à un café.
Papa : "Une bière, s'il vous plait.
Le serveur : Désolé, pas d'alcool, c'est les élections."
Cela a légèrement perturbé notre intention de fêter mon anniversaire ce week-end là, si bien que nous nous sommes retrouvés (pour le plus grand bonheur du frangin) à aller dans une pizzeria, entourés d'argentins avec le drapeau national sur l'épaule, de jeunes chantant la gloire de la présidente rééelue, et même d'une petite sachant à peine marcher qui scandait "Cristina ! Cristina !".
Le dernier jour à Buenos Aires fut consacré pour ma part à ranger mes affaires et à déménager dans mon nouvel appart, tandis que la petite famille partait en autonomie à l'assaut du Microcentre. Mais avec tout cela, nous n'avions toujours pas vu de tango ! C'est ainsi que j'emmenai le groupe à la milonga où je fis mes premiers pas, et c'est donc sans dormir que nous nous rendîmes à l'aéroport pour nous envoler vers Ushuaia, le bout du monde, là-bas tout en bas.
Alors, je vous rassure, moi aussi il y eut un jour où je découvris qu'Ushuaia était en Argentine et pas à Tahiti ou sur une de ces îles où les filles ont les seins nus et des colliers à fleurs comme dans la pub pour le shampoing du même nom.
En fait, ce serait un petit peu suicidaire de se promener en bikini dans cette ville qui est finalement bien plus proche de l'Antarctique que des Tropiques. Ici, manteau, gants et bonnet sont de rigueur, la montagne est reine, et même si le temps peut changer aussi vite qu'en Bretagne, le vent et l'air pur un peu (beaucoup) frisquet sont toujours de la partie.
Quand tu arrives, tu as donc vraiment l'impression d'être au bout du monde, et encore plus après une nuit blanche ! Autant dire que la journée fut plutôt brumeuse et consacrée à des tâches logistiques comme acheter les billets de bus pour El Calafate ou aller à la pharmacie. Mais rien que le fait de se promener sur le port le soir, à la tombée du jour, nous laissait présager quelques merveilles... Les amis, nous sommes dans la ville la plus australe du monde !
Le lendemain, c'est bien plus en forme que nous sommes revenus au port, cette fois pour embarquer sur un bateau qui nous promènerait sur le Canal de Beagle.Tu tournes la tête à gauche, c'est la côte argentine, et puis en la tournant à droite, c'est le Chili (bâbord et tribord, devrais-je dire, pardon !). Entre les deux, des petits îlots où des éléphants de mer s'entassent les uns sur les autres dans une odeur épouvantable. On aurait pu trouver cela moche et répugnant, mais le décor est tellement beau autour qu'on arrive à s'extasier devant quelque chose de finalement bien peu élégant.
La promenade a beau durer 4h, je dois avouer qu'on ne se lasse pas de la majesté des lieux, de la lumière si particulière et de l'ambiance qui va avec. Si bien qu'en rentrant, faute de pouvoir aller au parc national de la Terre de feu par manque de temps, nous avons décidé d'admirer la baie d'Ushuaia d'un autre point de vue, celui de la montagne !
C'était le moment de tester le matériel car il fallait être bien emmitouflés dans nos manteaux, les pieds dans la neige, forts déstabilisés par un vent à décorner les bœufs (c'est donc pour ça qu'ils n'ont pas de cornes les lions de mer !) pour pouvoir admirer la grandeur de la Nature avec un grand "N".
A croire que voir tant de beaux paysages après avoir vécu dans l'hypercentre d'une mégapole pendant trois mois fait tourner la tête car en redescendant à la ville, je ne marchais plus très droit. Et cela ne s'est pas vraiment amélioré par la suite, j'ai consacré le reste de la soirée et de la nuit à faire des allers-retours entre mon lit et la salle de bain. Peut-être que je me prenais pour un lion de mer parce que maintenant que j'y pense, le bruit de la dégurgitation faisait un peu penser à leur manière sonore de s'exprimer (et là vous dites "merci pour les détails Juliette").
C'était le moment de tester le matériel car il fallait être bien emmitouflés dans nos manteaux, les pieds dans la neige, forts déstabilisés par un vent à décorner les bœufs (c'est donc pour ça qu'ils n'ont pas de cornes les lions de mer !) pour pouvoir admirer la grandeur de la Nature avec un grand "N".
A croire que voir tant de beaux paysages après avoir vécu dans l'hypercentre d'une mégapole pendant trois mois fait tourner la tête car en redescendant à la ville, je ne marchais plus très droit. Et cela ne s'est pas vraiment amélioré par la suite, j'ai consacré le reste de la soirée et de la nuit à faire des allers-retours entre mon lit et la salle de bain. Peut-être que je me prenais pour un lion de mer parce que maintenant que j'y pense, le bruit de la dégurgitation faisait un peu penser à leur manière sonore de s'exprimer (et là vous dites "merci pour les détails Juliette").
Cela tombait super bien car il fallait se lever au milieu de la nuit pour prendre le fameux bus de 18h en direction de El Calafate. Autant dire mission impossible pour Kerjul-le-lion-de-mer-chancelant. Mais ne sous-estimez jamais les capacités de mouvance d'un lion de mer ! C'est moche, disgracieux, mais quand il le faut vraiment, il bouge ! C'est ce qui m'est donc arrivé, je me suis trainée tant bien que mal jusqu'au bus pour m'effondrer à l'intérieur et dormir d'un sommeil de plomb, après avoir néanmoins admiré le lever du soleil sur la baie en partant. Même les bavardages incessants d'adolescentes surexcitées à l'idée de partir en voyage ne réussirent pas à perturber mon sommeil. De temps en temps, je levais la tête, regardait la pampa de la Terre de feu, m'exclamait "Oh c'est beau !" puis me rendormait.
Une petite correspondance à Rio Gallegos où la seule distraction s'avère être un Carrefour aux rayons organisés très soviétiquement.Un coucher de soleil aux couleurs inédites (c'est la Terre de Feu tout de même !) en repartant, un petit maté avec les gens du bus avec qui tu finis par sympathiser au bout de tant d'épreuves en commun, et c'est l'arrivée triomphale (ou pas !) à El Calafate !




Content de t'avoir revu ma grande soeur !! :)
RépondreSupprimerBonne fin de stage (vacances ?) !
Gros bisous
C'est trop chouette de lire ton blog ! Ca a l'air génial comme aventure et j'adore te comparer à un lion de mer ! Gros bisous !
RépondreSupprimerDésolé c'est moi le commentaire précédent mais j'ai beugé pour mettre le nom ! Bouletteeee
RépondreSupprimerC'est MAUD
c'est avec un immense plaisir que je retrouve la lecture de ton blog.
RépondreSupprimerVotre épopée en bus ressemble étrangement à notre remontée vers Diego suarez en taxi-brousse à Madacascar,bien que nous nous étions plutôt arrêtés par des zébus.
Bisous
Monique