mercredi 19 octobre 2011

Après l'ascenseur mécanique, l'ascenseur émotionnel !


Je devais être bien naïve de croire que tout le joli programme consciencieusement relaté dans l'article précédent allait se dérouler sans encombres !
Si l'on ne retient que les grandes lignes (fiesta, Uruguay, arrivée des parents de Julia), ok, le programme a été respecté. Dès qu'on rentre dans le détail, ce n'est que chamboulement et ascenseur émotionnel ! Ah, et puis aussi une pincée de malchance, un soupçon de bonne fortune (si, si, les deux sont tout à fait compatibles), le tout arrosé de ma tendance prononcée à être un peu boulette.
Première boulette, celle de penser que c'est tout à fait faisable d'accueillir une vingtaine de personnes dans un appartement somme toute assez petit (dans ces cas-là tu bénis les fumeurs qui jouent aux chaises musicales entre ma chambre-salon et le balcon), de sortir ensuite, de se coucher à point d'heure, de se lever à 8h30 pour aller donner une caution au propriétaire du futur appartement (car pour rajouter un peu de piment il va falloir déménager lors du voyage en Patagonie), de prendre le bateau pour l'Uruguay dans la foulée, de dormir là-bas sans savoir exactement où, de revenir le lendemain et de nettoyer l'appart avant l'arrivée des parents de Julia, en sachant que leur avion et notre bateau arrivent en même temps. Ouf, vous pouvez respirer, la phrase est finie. Ambitieux, n'est-ce pas ? 
Un peu trop, à vrai dire nous nous sommes arrêtées aux deux premières étapes, liées à la sortie du vendredi (et encore, non sans quelques aléas que je pourrai raconter aux plus curieux). Le réveil de 8h30 ? Haha, la bonne blague. C'est à 11h30 que je me suis réveillée, frôlant la crise cardiaque en me rendant compte que non seulement c'était archi-mort pour prendre le bateau mais qu'en plus il serait fort probable qu'on perde nos billets, achetés sur internet. Après avoir passé vingt minutes au téléphone à attendre que le message "vous êtes le prochain client sur la liste d'attente, veuillez patienter" de la compagnie de bateau se concrétise, je tente de me rendre à l'agence la plus proche. Echec cuisant, le local était vide, prêt à être loué à quelqu'un d'autre. De toute manière, je me suis fait la réflexion par la suite que cela n'aurait pas servi à grand chose de me rendre précipitamment dans une des agences de voyage indiquées sur le site de Colonia Express, qui ne sont finalement que des intermédiaires... Perspicace la Juliette.
Bon, autant aller une autre fois à Colonia. Sauf que non ! Vous vous rappelez les petits soucis que j'ai eu au départ en France à cause du visa ? Niveau administratif, je dirai que l'Argentine c'est un petit peu "tu-te-débrouilles-et-tu-magouilles". Dans ce cas-là, la magouille est d'aller en Uruguay (qui se trouve à une heure de bateau) pour sortir du territoire et renouveler le visa de touriste qui n'est valable que 3 mois. 

Hé oui, trois mois.
Pour l'anecdote, j'ai rencontré lors du festival un type venant d'Alaska qui habite à Buenos Aires depuis 8 ans et qui depuis lors fait cette opération tous les trois mois sans que personne ne le lui ait jamais reproché. Aaaaah, l'Argentine....
Une autre de mes boulettes habituelles est d'agir très souvent en mode lastminute.com si bien que la seule date possible pour aller en Uruguay avant l'expiration du visa était... ce week-end. D'où la panique à bord, je voyais déjà l'hôtesse d'Air France qui m'avait refoulé à Toulouse me dire "désolée Mademoiselle, votre visa n'est pas à jour, vous ne pouvez rentrer en France, vous repartez en Argentine.
- Mais c*******, je suis française...
- Je-m'en-fiche-c'est-moi-qui-décide-j'ai-raison-vous-avez-tord." (c'est ce qui c'était finalement passé en août)
Ok, j'avoue, c'est tiré par les cheveux. Mais on n'est pas à l'abri de complications. Nous avons donc décidé d'y aller au culot et de nous rendre au port le dimanche matin à 8h afin de tenter d'aller à Colonia pour la journée. Longue file d'attente en arrivant. La respiration suspendue et le ventre noué, nous avons enfilé notre désormais habituel masque de pauvres demoiselles en détresse pour gémir auprès du responsable, racontant que Julia avait été malade touuuuuute la nuit (la pauvre), que c'était absolument impossible de venir la veille, et blablabla que je t'embobine gentil monsieur. 

A l'image du chat pottelé, je crois que ma chère coloc' devrait se spécialiser dans un domaine où il faut amadouer les gens (la politique ?), car une fois de plus nous obtînmes gain de cause et un gentil billet sans frais supplémentaires pour partir immédiatement à Colonia. 

Comme deux gamines ayant réussi à détourner les règles du jeu, nous débarquâmes toutes excitées en Uruguay, sous un ciel gris mais une chaleur certaine.

Alors bien sûr, on a fait comme tous ceux qui étaient dans le bateau avec nous, on a joué les touristes, en prenant des photos, en filmant pour ma part, et en s'émerveillant devant les petites maisons colorées au charme ancien et les minuscules boutiques vendant du fromage (de quoi me faire baver, car en tant que française expatriée, s'il y a bien un truc qui me manque, c'est le fromage !). 
Mais cela n'a pas duré longtemps, car les circuits touristiques, on aime aussi s'en éloigner. C'est ainsi qu'on a fui les restaurants chers du vieux quartier pour atterrir au Mercosur, qui a tout d'un Macdonalds version latino, et moins cher. Le chivito remplace le hamburger, et cela n'est pas plus mal ! Tout aussi riche sinon plus, ceci-dit, les uruguayens n'ont pas peur de superposer viande, jambon, fromage et oeuf. Sans parler du reste, comme en témoigne la photo. 
Puis nous sommes parties en quête d'une plage, et c'est là que nous avons connu une toute autre Colonia, plus typique, avec ses familles, ses enfants, ses pêcheurs. Et son ciel toujours aussi gris mais laissant passer une lumière aveuglante. Bizarre, bizarre... A peine le temps de déguster un maté - froid - qu'il était déjà temps de repartir. Naïves que nous sommes, nous avions pensé qu'il n'était pas nécessaire d'arriver une heure à l'avance pour le retour... Deux minutes de plus et nous aurions loupé le bateau. 


De retour à Buenos Aires, je vous épargne les détails de notre galère pour revenir à l'appart à cause d'un boludo de chauffeur de bus qui nous a laissé monter alors qu'il n'allait pas du tout dans notre direction, malgré notre interrogation. 
Alors que nous pensions en avoir fini avec l'ascenseur émotionnel de ses 48 dernières heures, le téléphone sonne et Julia répond. Pas besoin de savoir parler portugais pour comprendre qu'il y a eu un problème du côté de l'aéroport de Rio de Janeiro...
Et devinez quoi ? Un volcan chilien a décidé de rentrer en éruption, répandant ses cendres sur Buenos Aires (d'où le temps très étrange en Uruguay aussi) et provoquant des annulations de vols en série ! Gé-nial, de quoi clôturer le week-end en beauté.
Heureusement, je vous rassure, dès le lendemain, le ciel était de nouveau bleu sur Buenos Aires, les vols ont repris, et nous avons pu accueillir les parents de Julia, qui ont mis plus de temps pour venir en Argentine que n'importe quel européen. C'est d'ailleurs avec une certaine fierté que je peux affirmer comprendre un petit peu le portugais, parce qu'il faut reconnaître que la mère de Julia ne parle pas vraiment espagnol (ce qui ne l'empêche pas d'être un moulin à paroles) et pourtant la communication était parfaite ! 
Je ne sais pas si on pourra en dire autant dans quatre jours, quand ce sera ma famille qui débarquera ! Français, espagnol, portugais, anglais, ce sera de nouveau le bordel linguistique ! 
A moins que d'ici-là, le volcan chilien crache de nouveau quelques cendres, histoire de perturber tout ce beau programme. Touchons du bois.
Si je n'écris pas ici pendant les deux prochaines semaines, il faudra l'interpréter selon la devise "Pas de nouvelles, bonne nouvelle".


1 commentaire:

  1. Moi aussi je touche du bois !
    Parce qu'il faudra la faire, la photo de la "flower" à Ushuaia et devant le glacier Moreno !

    On est à J-2 de l'arrivée de la french family (ça y est, ça commence le bordel linguistique) et des 20 ans de Juliette !!

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