mardi 26 juillet 2011

Prête ?

"Alors, tu te sens comment ?" me demande Justine.
- J'ai faim !
- Bon, ça va, alors, ça veut dire que t'es prête pour partir."
Prête, vous avez dit prête ? Mais oui, bien sûr que je suis prête. J'ai encore une partie de mes affaires qui essaie difficilement de sécher sur les radiateurs de la maison - car oui, le 26 juillet à Toulouse il fait un temps de chiotte, et ce depuis quelques jours, ce qui n'aide pas pour la grande lessive pré-mobilité.
A part ça, la valise est presque pleine. Je sais pas, j'imagine que c'est parce que j'aime bien ce petit suspense de dernière minute pour savoir si oui ou non, tout rentrera, et si, oui ou non, le tout pèsera bien 23 kg en soute + 12 kg en cabine.
"Et t'as combien d'heures de vol ?"
Heuuu... Joker ? Oui, en fait, je crois que dans ces cas-là, il ne vaut mieux pas compter. Déjà, dois-je inclure les 5h où je poireaute à Paris Charles de Gaulle entre les deux vols ? Ensuite, arrivée à Buenos Aires, à 7h55, heure locale, dois-je considérer que je suis toujours en transit tant que je n'aurai pas posé mes deux fesses chez Florian qui m'accueille gentiment chez lui ? (à noter d'ailleurs qu'il a cours toute la journée, haha)
Petite note à l'attention de Maman : si jeudi je ne donne pas de signe de vie avant minuit, heure française, c'est normal, attend un peu avant de lancer un avis de recherche et de créer un incident diplomatique. Merci.
"Du coup, vu que tu dois attendre le soir, tu vas faire quoi de la journée ?"
Mince, j'ai déjà grillé mon joker. Disons qu'en ce jour pluvieux du 26 juillet, je n'ai pas grand chose d'autre à faire que de passer l'après-midi à réactualiser mes mails dans l'espoir d'une réponse de ma tutrice de stage qui me dirait : 
"Mais bien sûr, Juliette, tu peux poser tes bagages au bureau pour ne pas être encombrée toute la journée ! Comme ça, tu pourras découvrir Buenos Aires les mains libres ! Avec le décalage horaire dans la tronche, certes, mais les mains libres ! Besos, cariños, smouack smouack, super genial, peace, love, flex"
(oui oui, les argentins débordent de tendresse, même dans les mails soi-disant professionnels)
Vu l'heure, pour l'instant, j'ai bon espoir. Allez, les argentins ne sont pas très matinaux, on va leur laisser le temps de se décoller leurs petits yeux endormis.
Vous voyez, je suis prête ! J'ai même potassé un peu le Guide du Routard pour bannir certains mots de mon vocabulaire. Exemples :
- Le verbe coger signifie prendre (prendre le bus par exemple) en espagnol. Sauf que ces coquins d'argentins, eux, l'utilisent vulgairement pour dire baiser ! (faire l'amour, oui oui)
- le verbe levantar (lever, se lever) est utilisé pour dire draguer...
Sinon, j'ai appris qu'il existait des "Love Hotels" (albergues transitorios pour être moins explicite...) pour les "jeunes couples dont les parents puritains ne veulent pas abriter les amours sous leur toit". Mais aussi pour "les aventures extra-conjugales ou les couples mariés qui veulent pimenter leur vie sexuelle"...
Voilà, le ton est donné. Caliente !

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